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Guinée: la Cour constitutionnelle examine une version contestée du code électoral

Publié le 14/06/2017 à 13h54 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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#Guinée : La Cour constitutionnelle guinéenne a commencé à examiner mardi 13 juin la nouvelle version du code électoral qui divise la classe politique depuis 2016. Son avis pourrait tomber dans le courant de la semaine. Les enjeux.

Tout porte à croire que la Cour constitutionnelle a été réveillée par l'aile dure de l'opposition guinéenne qui a menacé lundi de reprendre les manifestations, notamment les redoutables marches, après le ramadan.

A la base de cette menace de l'opposition, un chapelet de griefs dont l'inachèvement de la modification du Code électoral. La version modifiée de ce code a été adoptée en février dernier, mais attend encore l'avis de la Cour constitutionnelle avant sa promulgation par le président de la République. "Aujourd’hui, bien malin est celui qui peut nous dire où se trouve ce texte. Nous n’avons aucun repère. Pourtant, le texte a été adopté depuis le mois de février et été transmis le 24 mars à la présidence de la République'', a déploré lundi le porte-parole de l'Opposition républicaine.

En Guinée, explique le juriste Aliou Bah, la Cour constitutionnelle n’a qu’un mois pour vérifier la constitutionnalité d’une loi. Or, le texte est déjà depuis plus de deux mois entre les mains de cette institution.

La version du Code électoral actuellement sur la table de la Cour constitutionnelle est soutenue par l'Opposition républicaine -l'aile dure de l'opposition guinéenne- et la mouvance présidentielle qui l'ont fait adopter en février dernier en dépit de la contestation menée par la société civile et une partie de l'opposition.


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Après l'adoption de ce code en février dernier, les contestataires avaient saisi la Cour constitutionnelle en vue de son invalidation. "Ce qui se passe aujourd'hui est absolument grave et regrettable. L'UFDG (le principal parti de l'opposition) et le RPG (parti présidentiel) veulent prendre ce pays en otage", avait dénoncé Sila Bah, membre fondateur du Front pour la défense des droits des citoyens, un mouvement politique créé contre l'accord politique du 12 octobre qui avait ainsi décidé de modifier le code électoral.

Si le Code est fortement contesté, c'est parce qu'il prévoit la désignation des chefs de quartier au prorata des résultats que les listes de candidats auront obtenus aux élections communales.

Pour l'Union des forces républicaines (UFR), troisième force politique du pays selon les résultats de la dernière élection présidentielle, le parti au pouvoir et le principal parti de l'opposition se sont associés pour trahir le peuple. Le groupe parlementaire des républicains (UFR et alliés) et quelques dissidents des deux groupes parlementaires avaient même voté contre le Code. Mais sans pouvoir contrebalancer le poids des deux géants de la politique en Guinée. "Les citoyens ne vont pas se reconnaître dans les personnes qui leur seront imposées et cela sera source de conflits", prévient la députée Aissata Daffé de l'UFR.

Pour maints observateurs en Guinée, ce serait vraiment une surprise que la Cour constitutionnelle invalide cette version amendée du Code électoral. 

Le 14/06/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou