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L’opposition radicale en Guinée appelle à observer deux journées «ville morte»

Publié le 21/03/2016 à 19h25 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

#Société
opposition guinéenne

Les dirigeants de l'opposition guinéenne.

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#Guinée : Les partis politiques en Guinée réunis sous le label «Opposition républicaine» ont décidé ce lundi 21 mars d’appeler les citoyens à observer deux journées «ville morte» sur toute l’étendue du territoire national pour exiger la baisse du prix du carburant à la pompe.

L’opposition radicale guinéenne veut contraindre le pouvoir à réduire le prix des produits pétroliers à la pompe. Elle a avancé aujourd’hui sa volonté d’observer deux journées de grève générale les 30 et 31 mars prochains à travers tout le pays.

En appelant les populations à rester chez elles durant ces deux jours, l’opposition espère ainsi exprimer son «désaccord» et son refus de cette cherté de la vie et exige, par la même, un dialogue politique franc et sincère sous la médiation du Premier ministre.

Toutefois, il convient de souligner que les opposants au régime d’Alpha Condé jouent sur un terrain sur lequel la CNTG et l’USTG, le deux puissants syndicats du pays, ont joué et perdu en février. D’autant que leur débrayage n’a pas été suivi d’une baisse des prix à la pompe.

Mais selon Aboubacar Sylla, le président de l’Union des forces du Changement (UFC) et porte-parole de l’opposition républicaine, le «combat sera mené jusqu’à la victoire finale».

«Nous demandons à tous les guinéens, quelle que soit leur obédience politique, leur ethnie, leur âge, leur région, d'observer deux journées "ville morte", car il s'agit d'une lutte pour l'amélioration de leurs conditions de vie», a-t-il expliqué à la presse à l’issue de leur concertation.

Une opposition fissurée

Cet appel à une grève générale sonne comme une décision à minima. En rentrant en conclave ce lundi, les leaders politiques appartenant à l’opposition républicaine ont laissé planer la crainte d’une série de marches sur l’ensemble du territoire guinéen visant à accroitre la pression sur le gouvernement.

Il faut rappeler que l’organisation des deux journées «ville morte» est lancé au moment où l’opposition présente des signes de division palpable.

Faute de consensus sur les modes de revendication depuis 2013, laminée par une querelle de leadership, le groupe n’a toujours pas réussi à faire taire les dissensions en son sein.

Conséquence, après la défection de l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré début-janvier, le Parti de l’espoir pour le développement national de Lansana Kouyaté, un autre ténor, a écarté toute hypothèse de participer à d’éventuelles manifestations de rue.

Le 21/03/2016 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara