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L'appel «Ville morte» de l’opposition peu suivi en Guinée

Publié le 31/03/2016 à 19h04 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

#Société
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#Guinée : L’appel aux journées «ville morte» lancé par l’opposition guinéenne est entré dans sa deuxième et dernière journée ce jeudi 31 mars. Les organisateurs se félicitent d'avoir atteint leur objectif, même si à Conakry les activités ont suivi leur cours normal.

Les partis politiques de l'opposition en Guinée observent depuis hier des journées «ville morte» sur l'ensemble du territoire guinéen. Ils ont appelé les populations à n’exercer aucune activité et à rester chez elles durant ces deux jours en signe de protestation contre «le refus du gouvernement de baisser le prix du carburant à la pompe».

Dans la capitale où de telles manifestations paralysaient les activités il y a quatre ans, les commerces ont ouvert dans les principaux marchés. Les banques et les bureaux privés n’ont pas également répondu à l'appel.  

Celà n'a pas empêché les autorités de procéder au déploiement de la police dans les principaux carrefours de la capitale, Conakry.
Sur l’Autoroute Fidel Castro, le principal axe routier de Conakry qui mène de l’aéroport au quartier des affaires Kaloum, largement favorable au pouvoir, la circulation était dense mais fluide.

Dans les fiefs traditionnels de l'opposition en revanche des boutiques ont fermé par précaution, pour éviter des actes de pillage. Sur la route Le Prince qui relie les quartiers Enco 5 et Hamdallaye, bastion du chef de file de l'opposition Cellou Dalein Diallo, quelques étalagistes ont ouvert et le trafic était fluide durant ces deux jours.

Mercredi, en début d'après-midi, des scènes de pillage ont été signalées à Koloma, un quartier de la banlieue de Conakry aussi favorable à l'opposition. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour ramener l'ordre, selon plusieurs témoins.

Satisfaction pour l'opposition

L'opposition se dit satisfaite. Elle estime avoir été entendue et suivie par les citoyens aussi bien dans la capitale qu'à l'intérieur du pays. «Beaucoup de citoyens sont restés à la maison, la plupart des marchés sont restés fermés, notamment le grand marché Madina», s'est réjoui Fodé Oussou Fofana, vice-président de l'UFDG. 

Le groupe évoque la possibilité de passer à une vitesse supérieure après d'autres journées «ville morte», en descendant dans les rues. «Nous allons reconduire, la semaine à venir, des journée ville morte. Si le gouvernement ne revient pas à la raison, pour baisser le prix du carburant, nous n’aurons pas d’autres solutions que d'organiser des manifestations de rue», a indiqué Fofana.

Pas d'arrestations

Aucun cas d'arrestation n'était confirmé jeudi à la mi-journée par la police et les organisateurs de la grève. Ce dont se félicite l'opposition qui accuse les forces de l'ordre de provoquer ses militants pendant ses manifestations.

Pourtant mardi, le tension est montée d'un cran lorsque les partis ont maintenu leur mot d'ordre. Le gouverneur de Conakry,  Mathurin Bangoura a appelé l'ensemble des acteurs politiques à privilégier le dialogue pour préserver la quiétude sociale.

La police a assuré avoir pris les dispositions idoines pour assurer la sécurité au cas où des loubards tenteraient de troubler la circulation. Elle a prévenu de traduire devant les tribunaux compétents toute personne arrêtée en train de semer le désordre.

Le 31/03/2016 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara