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Le gouvernement guinéen lève la suspension de la délivrance de la carte nationale d’identité

Publié le 21/04/2016 à 17h57 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

#Société
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#Guinée : Suspendue en Guinée depuis un an, la délivrance des cartes nationales d’identité va reprendre. Faute de pouvoir passer très rapidement à l’heure de la biométrie, le gouvernement a décidé de revenir aux anciennes documents d’identification.

L’arrêt de la confection des cartes nationales d’identité sur toute l’étendue du territoire guinéen était en vigueur depuis avril 2015. La mesure était motivée par la volonté de passer aux cartes biométriques, et d’être au diapason des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Mais la mise en service de ces cartes biométriques ayant pris du retard, le racket était devenu monnaie courante aux barrages routiers où les citoyens, dont les cartes d’identité sont arrivées à expiration et ceux n’en possédant tout simplement pas, faisaient régulièrement les frais des agents de sécurité peu scrupuleux.

Il y a une semaine, la presse locale rapportait une scène rocambolesque dans laquelle le ministre de l’Union nationale et de la citoyenneté, Kalifa Gassama Diaby, en tenue de camouflage pour mieux cerner le phénomène, n’a pu échapper à ce genre d’extorsion d’argent à un barrage pour «défaut de carte».

Pour le gouvernement, la reprise de la délivrance de ces documents d’identification, intervenant au moment de renforcer la vigilance contre le terrorisme, vise à lutter contre ces pratiques de corruption et de laxisme. L’autre but est de rétablir les Guinéens dans leur droit de disposer de papiers d’identification.

De nouvelles dispositions sont toutefois prises pour moraliser leur attribution. Par exemples, les commissariats centraux ne devront traiter que les dossiers des demandeurs résidant sur leur ressort territorial. Outre le fait que la présence physique des requérants est obligatoire, ils devront aussi se soumettre à une interview.

Selon Me Abdoul Kabèlè Camara, le ministre de la Sécurité, les actes de naissance produits devront être validés par les services de l'état civil du ministère de l'Administration du territoire et de la décentralisation.

D’après le Premier ministre, Mamady Youla, qui a dû s’impliquer, la levée de l’interdiction est une «mesure transitoire» visant à répondre immédiatement à la demande de la population. D’autres mesures beaucoup plus pérennes sont en cours d’étude, selon lui.

Comme par le passé, le prix de ces anciennes cartes nationales d’identité reste maintenu à 15.000 francs guinéens (environ 1.146 Francs CFA). Mais dans la pratique, il se négociait entre 50.000 et 150.000 francs guinéens.

Le 21/04/2016 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

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