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Une fronde contre la direction de l’INIDH

Publié le 28/06/2016 à 21h32 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

#Société
Mamady Kaba

Mamdy Kaba, président de l’Institution nationale indépendante des droits humains de Guinée (INIDH).

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#Guinée : Un sentiment de malaise règne au sein de l’Institution nationale indépendante des droits humains de Guinée (INIDH). Le président de cette institution, Mamady Kaba, est accusé de gestion personnelle et unilatérale. La Cour constitutionnelle vient d’être saisie.

Comme la Haute autorité de la communication, l’Institution nationale indépendante des droits humains de Guinée, l’un des derniers organes constitutionnels à être créés par le régime Condé, traverse une zone de turbulence.

Dans une requête adressée à la Cour constitutionnelle le vendredi 24 juin, deux vice-présidents et le rapporteur ont accusé leur président, Mamady Kaba, de fouler aux pieds la loi organique portant organisation et fonctionnement de l'INIDH.

Mais avant de saisir l’instance suprême, les plaignants avaient d’abord pris soin d’interpeller leur président sur sa gestion administrative et financière qu’ils estiment contraire à l’esprit de leurs textes.

Ainsi, par une correspondance adressé à ce dernier, ils ont déploré avoir constaté la difficulté pour le Bureau exécutif de se réunir afin de faire fonctionner l’institution, conformément aux textes qui la régissent.

Ils ont reproché à Mamady Kaba de décider des modalités d’exécution de la subvention allouée par l’Etat et de recruter le personnel de manière « unilatérale »  sans aucune consultation du bureau exécutif.  Une situation qui n’assure pas un fonctionnement régulier de l’institution, notent-ils dans la lettre.

Pour ramener un climat de sérénité au sein de l’INIDH, les trois signataires du document ont suggéré à l’ancien président de la section guinéenne de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO) de reprendre les réunions hebdomadaires pour que les décisions majeures soient prises au sein du Bureau exécutif.

La requête déposée auprès de la Cour constitutionnelle par ces trois membres du Bureau exécutif fait suite à l’échec de toutes les tentatives de médiation en interne, visant à résoudre la crise.

Il faut noter que l’Institution nationale indépendante des droits humains de Guinée (INIDH) assure la promotion et la protection des droits de l’Homme en Guinée. Elle est chargée de veiller sur les droits de l’Homme et lance l’alerte en cas de violation de ces droits par une institution.

Ses membres sont désignés par la société civile, le président de l’Assemblée nationale, les départements ministériels concernés par les droits de l’Homme. Ils ont prêté serment devant la Cour Suprême en janvier 2015.
En attendant la décision de la Cour constitutionnelle, cette autre crise relance le débat sur la gestion des subventions accordées aux institutions républicaines.

Car avant l’INIDH, une fronde menée par certains commissaires de la Haute Autorité de la Communication (HAC) contre la gestion financière de la présidente continue de fragiliser cet organe de régulation des médias en Guinée.

Le 28/06/2016 Par notre correspondant à Conakry Ougna Elie Camara

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