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Guinée. Grève des enseignants: au moins cinq morts dans un lundi noir

Mise à jour le 21/02/2017 à 12h38 Publié le 21/02/2017 à 10h05 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Conakry: cinq personnes tuées dans les manifestations du lundi 20 février 2017, malgré un accord/Grève des enseignants

A Conakry, ce lundi 20 février, beaucoup de quartiers de la ville ont été pris d'assaut par des manifestants, y compris des zones fidèles au parti au pouvoir, habituellement calmes.

© Copyright : DR/ le360Afrique (c)

#Guinée : Il y a eu cinq morts et une trentaine de blessés, ainsi que d'importants dégâts matériels dans les manifestations qui ont marqué Conakry durant toute la journée de lundi 20 février, selon le gouvernement qui menace de poursuites judiciaires toutes les personnes impliquées.


Malgré un accord intervenu tard dans la soirée du dimanche et paraphé le lendemain, Conakry a été à feu et à sang toute la journée du lundi 20 février. Au moins cinq personnes ont trouvé la mort, d'après le décompte des autorités policières. 

Selon des témoins, trois des cinq morts ont été touchés par balle au quartier Gbéssia, alors que les deux autres ont été tués à Hambdallaye, un quartier réputé chaud. Quatre des cinq corps ont été transférés à la morgue du centre hospitalo-universitaire de Donka, un des deux grands hôpitaux du pays.

Parmi ces cinq morts, une dame de 38 ans qui était en état de famille. Selon le site Guineematin, madame Sayon Camara aurait reçu une balle au dos pendant qu'elle quittait le marché de Gbessia où elle a l'habitude d'y vendre du poisson. Elle rendra l'âme au centre de santé de Matam, avant que son corps ne soit finalement transféré à la morgue de l'hôpital Ignace Deen.


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Dans le camp des forces de l'ordre, 13 agents ont été blessés, selon la police. « C'est pendant que je cherchais à enlever une grosse pierre qui bloquait la chaussée que j'ai reçu une pierre sur mon bras. Le médecin a confirmé que c'est fracturé», a indiqué un gendarme à la presse militaire, pendant que le ministre de la Défense nationale était à l'hôpital militaire du camp Samory pour s'imprégner du cas des agents de la sécurité blessés.

"Le gouvernement condamne les évènements ayant conduit au décès de ces personnes et appelle l'ensemble des acteurs à plus de retenue et de responsabilité",  a indiqué un communiqué du gouvernement. L'équipe de Mamadi Youla (le Premier ministre) a aussi signalé que 30 personnes ont été blessées, et que "les manifestations illégales et interdites ont provoqué des dégâts matériels importants sur des ambulances et des centres médicaux communaux."

En effet, les auteurs des violences ont brûlé des véhicules et détruit des commerces. Des parties de l'artère principale de la ville ont été également endommagées. Dans la commune de Matam, un commissariat de police a été saccagé au quartier Bonfi.

"Aucune divergence ne saurait justifier les violences perpétrées au cours de cette journée et le gouvernement réitère sa ferme détermination à poursuivre toutes les personnes impliquées dans ces actes barbares et rétrogrades", a affiché le pouvoir d'Alpha Condé. Déjà 12 personnes ont été arrêtées dans les communes de Kaloum et Matam. Pourtant, en plus de Matam, l'autre bastion des manifestants a été la commune de Ratoma ou Bambéto, Cosa, mais aussi des quartiers inhabituellement rebelles comme Kipé et Nongo ont connu une journée de lundi électrique.

A l'origine des manifestations de ce lundi, la crise qui a paralysé le système éducatif guinéen durant trois semaines. Au soir de cette journée de manifestations, le ministre de l'Unité nationale et de la citoyenneté, Gassama Diaby, a donc lancé "un appel global pour permettre au pays d'avoir un système éducatif performant." A rappeler que le gouvernement et les syndicats de l'éducation sont parvenus à un accord qui va permettre la reprise des cours dans les universités et écoles du pays dès mercredi.
 
Le 21/02/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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