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Guinée. Cocaïne: un étudiant bissau-guinéen transformé en mule arrêté à Conakry

Publié le 11/06/2017 à 15h00 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
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#Guinée : Les services spécialisés dans la lutte contre la drogue et les crimes organisés ont présenté à la presse un étudiant bissau-guinéen arrêté le 2 juin à l'aéroport de Conakry en provenance du Brésil. Il transportait 60 boulettes de cocaïne dans son estomac.

L'affaire avait été évoquée au conseil des ministres du 19 mai dernier. L'homme avait été interpellé quelques jours plus tôt par les services des douanes de l’aéroport international Gbessia-Conakry transportant une importante quantité de drogue dans son estomac.

La drogue a été extraite par opération chirurgicale. Tiégboro Camara, le patron de la lutte antidrogue en Guinée a précisé que le jeune Bissau-Guinéen, du nom d'Aliou Damakhan, transportait 60 boulettes de cocaïne.

"Une boulette coûte 600 dollars ou 600 euros ce qui monte à 36.000 euros la quantité de drogue qui était dans son ventre", a indiqué Camara.

Avouant les faits devant les caméras et les micros, l'étudiant bissau-guinéen a indiqué que l'affaire lui avait été proposée par une connaissance au Brésil. Celle-ci lui aurait promis 1.500 euros s'il arrivait à acheminer la cocaïne à destination, c'est-à-dire en Guinée-Bissau. "J'étais hésitant au départ. Mais un mois durant, il m'a supplié, m'a fait des cadeaux et envoyé dans des restaurants, finalement il est parvenu à me convaincre", a expliqué Aliou Damakhan.


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L'étudiant va être jugé en Guinée où le trafic de drogue est considéré comme un crime par le Code pénal.

Considérée comme la plaque tournante internationale du trafic de drogue en Afrique de l'Ouest, la Guinée s'est engagée depuis 2009 dans une lutte acharnée contre le phénomène. Les services spéciaux de la lutte antidrogue et du crime organisé avaient été ainsi créés par la junte dirigée en 2009 par Moussa Dadis Camara.

Toutefois, le premier grand procès des narcotrafiquants organisés en 2010 a été considéré comme un fiasco en raison des peines légères dont ont écopé les trafiquants. Certains observateurs avaient même accusé les magistrats d'avoir été corrompus par les accusés dont certains sont aujourd'hui de grands hommes d'affaires en Guinée.


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En présentant l'étudiant bissau-guinéen à la presse, le colonel Moussa Tiégboro Camara a voulu assurer que "la Guinée ne sera plus la plaque tournante du trafic de drogue". Le gendarme croit connaître les nouvelles astuces des narcotrafiquants. "Si les gens mettaient la drogue dans les sacs à dos pour traverser nos ports et aéroports, aujourd’hui la drogue est de plus en plus transportée par des mules", a-t-il indiqué. En 2014, un Nigérian avait déjà été arrêté à l'aéroport de Conakry avec 70 boules de drogue dans son ventre.

Il faut signaler que c'est la troisième saisie de cocaïne en l'espace de trois mois. L'année dernière, la Guinée a incinéré 4.921 tonnes de chanvre indien et 295 kilogrammes de cocaïne en provenance du Brésil.

Le 11/06/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou