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Guinée.Viol: 12 ans de réclusion criminelle pour un diplomate canadien en cavale

Publié le 13/06/2017 à 10h16 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Dans l'affaire Anta Ndiaye, le marteau de la justice a tapé un peu fort

Dans l'affaire Anta Ndiaye, le marteau de la justice a tapé un peu fort

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#Guinée : Alors qu'il a quitté son poste depuis 2015, Jean Laprade, ancien consul honoraire du Canada en Guinée, a été condamné lundi par un tribunal de Conakry pour viol sur une mineure. Il écope de 12 ans de réclusion criminelle et du paiement de l'équivalent de près de 15.000 euros en faveur de la victime.

Le tribunal de première instance de Dixinn, en banlieue de Conakry, a lancé un mandat d'arrêt international contre le consul honoraire qu'il estime être en cavale, mais qui vivrait aujourd'hui au Québec.

Les faits incriminés se sont déroulés en mai 2015, selon le procureur de la République. Jean Laprade avait alors demandé à son vigile de faire rentrer une jeune marchande ambulante de bananes dans son bureau. Pourtant, d'habitude, c'est le vigile qui achetait les bananes avec mademoiselle F F pour les envoyer au consul.

Le procureur a indiqué que Jean Laprade avait abusé de la fille, alors âgée de 12 ans, avant de lui remettre cinquante mille francs guinéens (environ 5 euros) et de demander au vigile de la raccompagner. Estimant que l'acte du diplomate constitue une atteinte à la dignité d’autrui avec violence, le procureur Sidy Souleymane Ndiaye a requis en mai dernier 20 ans de réclusion criminelle contre l'ancien consul.

En revanche, les avocats de la défense ont estimé que le viol n'a pas été démontré par le procureur de la République qui s'est borné à la version des faits de la fille. Ils avancent qu'elle a monté «cette histoire de toutes pièces».


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Joint au téléphone par la presse canadienne au Québec, Jean Laprade n'a pas voulu faire de commentaire sur cette affaire. Il dira néanmoins que «ce sont des histoires et ce sera traité comme des histoires».


Son coaccusé dans cette affaire, le vigile Aliou Sané, a également nié les faits tout au long du procès. «Elle n'est jamais entrée dans la cour. Et je n'ai jamais introduit une fille à l'intérieur du consulat», a indiqué en mai dernier Sané. Il dit être plutôt celui qui achetait à manger à cette fille qui venait souvent affamée et fatiguée pour s'allonger devant le consulat. Des explications qui n'ont pas empêché la condamnation du vigile pour complicité de viol.

Les avocats de la jeune fille ont indiqué qu'elle a dû abandonner l'école après le viol. Et pour cela, ils avaient réclamé le paiement de 1,5 milliard de francs guinéens au consul. 
Le 13/06/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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