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Guinée: manifestation contre Alpha Condé et garde à vue pour un autre reggae-man

Mise à jour le 26/07/2017 à 17h20 Publié le 26/07/2017 à 14h10 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Takana

#Guinée : Interpellé à la tête d'une manifestation contre la politique d'Alpha Condé, le célèbre reggae-man Takana Zion est en garde à vue depuis hier. Son interpellation intervient une semaine après celle d'Elie Kamano, une autre star du reggae guinéen.

D'autres membres du mouvement "Wonkaï 2020", qui signifie "En avant pour 2020" (en langue locale soussou), interpellés en même temps que Takana Zion, ont été libérés dans la soirée de mardi.

Dans la matinée de ce même jour, ce collectif avait drainé du monde pour son carnaval culturel parti de l'esplanade du stade 28 septembre pour rejoindre le boulevard Telly Diallo de Kaloum -centre administratif et d'affaires-, point d'arrivée de la manifestation. C'est là que des échauffourées ont éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants. Dans la foulée, la police a procédé à des arrestations.

"Avec un carnaval plus que pacifique au nom de la jeunesse, les autorités viennent de démontrer jusqu'où elles sont prêtes à aller pour entraver nos libertés en me privant du droit d'aller et de venir et en brutalisant des membres du collectif! Merci du soutien de l'ensemble des artistes et des membres du collectif se trouvant actuellement devant la DPJ (Direction de la police judiciaire). Toute victoire obtenue par la violence est une défaite", a réagi Takana Zion sur sa page Facebook, quelques heures après son interpellation.


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Par ce carnaval, les leaders de "Wonkaï 2020", en majorité des musiciens, ont voulu manifester contre la cherté de la vie, la corruption dans le pays, mais aussi contre "les intentions" du président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Ce mercredi, l'avocat de Takana Zion a en quelque sorte reconnu que la manifestation menée par son client n'était pas autorisée. "Mon client et ses amis avaient adressé une lettre aux autorités qui n'a pas reçu de réponse. Ce qui implicitement veut dire que l'autorisation n'a pas été donnée. Mais, je pense que tout ça peut se régler pour permettre à mon client de recouvrer la liberté", a indiqué Me Bérété.


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L'avocat a également tenu à préciser que son client n'avait pas marché contre un troisième mandat du président Alpha Condé. Seulement,  avec cette affirmation, l'avocat se met en contradiction avec une vidéo publiée par son client et dans laquelle celui-ci appelle clairement à manifester aussi contre "tout ce qu'ils sont en train de promouvoir, 'Bomoklop' ( sic),  troisième mandat..."

Jusque dans la matinée de ce mercredi 26 juillet, la figure de proue du reggae guinéen était encore en garde à vue. Il pourrait finalement être inculpé pour attroupement illégal sur la voie publique à l'image de son confrère Elie Kamano.

Le 26/07/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou