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Guinée: trois candidats sur quatre ont échoué au bac

Mise à jour le 27/07/2017 à 11h38 Publié le 27/07/2017 à 11h20 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Candidats en examen

#Guinée : Avec 27,15 %, la Guinée a enregistré cette année l'un de ses plus faibles taux de réussite au baccalauréat. Ce qui est un scandale pour certains est considéré par les autorités en charge de l'éducation comme une rigueur devant rehausser le niveau du système éducatif.

L'année 2017 rappelle la catastrophe du baccalauréat 2007, l'année pendant laquelle les autorités    en charge de l'éducation avaient instauré le Baccalauréat unique d'accès aux institutions d'enseignement supérieur.  Cette année, la Guinée n'avait enregistré que 20% d'admissions au bac contre 26% à la session 2006.

"Ma mission, c'est d'organiser des examens dans la plus grande transparence, exempts de fraudes...", disait Ousmane Souaré, le ministre de l'Enseignement pré-universitaire d'alors.  Dix ans après, Ibrahima Kalil Keïta, nommé en février dernier à la tête du même département, a tenu presque le même discours : "je veux moraliser l'épreuve du baccalauréat en Guinée."

La détermination d'Ibrahima Kalil Keita s'est fait sentir durant le déroulement de l'examen. Vingt et un enseignants chargés de surveiller l'examen et 20 candidats avaient été sanctionnés. La rigueur imposée avait même pousser à la révolte des élèves dans la capitale Conakry.


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Pendant qu'élèves et parents sapitoyent sur le sort des candidats, le ministre Ibrahima Kalil Konaté se réjouit des résultats de son premier baccalauréat organisé en tant que ministre. " Où est l’inquiétude ? Vous ne voulez pas la qualité ? C’est la médiocrité que vous voulez toujours cultiver ou on veut que la Guinée soit un pays émergent ", a-t-il interrogé au micro d'un journaliste du site Guineenews.org.

Ibrahima Kalil Konaté a souligné que cette année, on n’a même pas repêché les moyennes de 9,99. "Les jeunes qui ont eu le bac sont les meilleurs élèves et ils vont faire la fierté de la Guinée dans les campus universitaires. J’en suis sûr, parce qu’on a pris juste ceux qui ont eu une moyenne supérieure à10,00  ", s'en est-il réjouit. Ajoutant que ces résultats constituent un succès pour la qualité du système éducatif guinéen.

C'est à Conakry qu'il y a eu beaucoup d'échec en raison de l'élimination des notes de cours au baccalauréat. Une règle datant de 2005 faisait additionner la moyenne de l'année à celle obtenue au bac a été abolie. Ce système permettait le succès dans beaucoup d'écoles privées qui faisaient envoyer leurs candidats au baccalauréat avec de fortes notes de cours.  " Cela donnait naissance à un véritable système de fraudes. C'est pourquoi, on a décidé de ne pas utiliser les notes de cours au baccalauréat. Elles vont seulement servir à qualifier les candidats au bac", a expliqué Ibrahima Kalil Konaté.

Les notes de cours étant supprimées, des écoles privées ont fait 0% d'admis au baccalauréat, notamment dans les séries de sciences  maths et sciences expérimentales.

Après les premières années du baccalauréat unique, cet examen d'accès à l'enseignement supérieur était jusqu'ici marqué chaque année par des irrégularités. Substitution de candidats, fuites des sujets, achats de notes... toute forme de fraude était possible pour accéder à l'université guinéenne. Pour Ibrahima Kalil Konaté, 2017 a sonné la fin de la récréation.

Le 27/07/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou