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Guinée: vers la mise en place d'un parlement sous-régional de la société civile ouest-africaine

Publié le 31/07/2017 à 12h20 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Société civile avec le ministre Gassama

#Guinée : Les jalons du futur parlement ouest-africain de la société civile ont été posés à Conakry. Certains voient là un instrument qui pourra "souverainement porter le processus de développement des pays africains".

La semaine dernière, des leaders d'organisations de la société civile de Guinée, du Burkina Faso et du Sénégal ont posé la base d'un parlement ouest-africain de la société civile à Conakry. A leur tête, le Guinéen Sekou Koureissy Condé, directeur exécutif du cabinet de conseil et d'étude stratégique sur l'évaluation et le suivi des risques de crises en Afrique", "African Crisis Group".

Egalement président de la Convention des acteurs non étatiques de Guinée (CANEG), cet activiste de la société civile est convaincu que c'est le parlement ouest-africain de la société civile qui va "souverainement porter le processus de développement de nos pays".

Sekou Koureyssi et ses compagnons pensent ce parlement comme un mécanisme transfrontalier de résolution de conflits, de réconciliation, de médiation et d’appui à l’éducation de base. L'objectif est de permettre à l’Afrique de se fédérer par les langages communs comme les Etats-Unis d’Amérique.


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Pour Condé, l'Afrique devrait désormais compter sur sa société civile. "Il est évident qu’après 60 ans d’indépendance, puisqu’aucun pays africain n’a accédé au développement réel, que la limite des capacités des gouvernements est établie", estime Condé. Alors, ajoute-t-il, la réponse, c’est la société civile.

"Au-delà même de la construction d’une citoyenneté nationale, nous devons nous rattraper envers une citoyenneté beaucoup plus élargie à travers la région ouest-africaine. Parce qu’aujourd’hui les frontières ne devraient plus constituer des barrières entre les peuples’’, dira pour sa part, le Sénégalais Sadikh Niasse, secrétaire général de la RADDHO (Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme.).

Président du Conseil d'administration de l'African Crisis Group au Burkina Faso, Basile Darka croit que le premier acteur du développement c’est le citoyen. "Si ce citoyen n’est pas conscient de son rôle d’acteur, je pense que nos Etats ne vont pas se développer. Donc, cultiver la citoyenneté et la paix, je pense que ce sont les premiers actes à poser pour le développement. Et je crois que c’est par là que les Africains doivent commencer", a-t-il dit.

En Guinée, le futur parlement a déjà reçu le soutien du gouvernement. A situation inédite, solution appropriée. Avec les mutations actuelles dans les sociétés africaines, Gassama Diaby, ministre de l'Unité nationale et de la citoyenneté est partant pour une société civile élargie et structurée. "La société civile guinéenne ou africaine est indispensable dans le mécanisme de construction d’un système démocratique qui soit à même de permettre aux Etats africains de sortir de leurs multiples impasses et difficultés structurelles et fonctionnelles", a déclaré le ministre Diaby.
Le 31/07/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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