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Guinée. Massacre de 2009: la justice nationale rassure sous pression des parties civiles

Publié le 02/08/2017 à 19h37 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Guinée Il y a sept ans 150 personnes étaient massacrées, toujours pas de justice
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#Guinée : Dans le dossier du massacre de plus de 150 personnes au stade de Conakry, en 2009, la justice guinéenne fait face à une nouvelle pression de la part des parties civiles dont des organisations de défense des droits de l'Homme. Mais elle veut rester sereine.

"Pas question de céder à une quelconque pression", a répliqué Moundjour Chérif, procureur général près la Cour d'appel de Conakry, quelques jours après l'appel des parties civiles, dont la FIDH (Fédération internationale des droits de l'Homme) et ses organisations partenaires en Guinée.

Quatre jours plus tôt, à l’issue d’une mission en Guinée, la FIDH et autres ont demandé aux autorités guinéennes de clôturer au plus vite l’information judiciaire sur l’affaire. Pour être précises, elles ont demandé que cette clôture ait lieu avant le 8e anniversaire du massacre -28 septembre 2017-, afin de permettre la tenue rapide d’un procès emblématique et trop longuement attendu.


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Pour ces associations, parties civiles à l’affaire et représentant près de 450 victimes, les derniers actes à poser dans l’instruction, notamment les confrontations entre Toumba Diakité et d’autres personnes inculpées dans le dossier, ne sauraient empêcher la clôture de l’instruction avant le 28 septembre 2017.

"L'instruction judiciaire est aujourd'hui suffisamment complète pour clôturer le dossier au plus vite et ouvrir le procès au plus tard au début de l'année 2018, comme s'y est à nouveau engagé le ministre de la Justice, Cheik Sako, lors de notre rencontre", estime Abdoul Gadiry Diallo, président de l'OGDH (Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme).


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Le procureur général de Conakry croit qu'il ne sert à rien de faire cet appel à la justice guinéenne. Puisque, explique-t-il, "le dossier est tenu par des magistrats talentueux, et depuis le déclenchement de la procédure, celle-ci suit son cours normal".

Moundjour Chérif a réitéré la détermination de la justice guinéenne à mener cette procédure jusqu'au bout. "Cette affaire sera bel et bien jugée en Guinée", a-t-il dit.

Rappelons que le 28 septembre 2009, alors que la junte dirigée par Moussa Dadis Camara était au pouvoir, des militaires ont attaqué le meeting de l’opposition tenu dans l'enceinte du stade de Conakry faisant au moins 156 personnes tuées et 109 femmes violées, selon un rapport de l'ONU. 
Le 02/08/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou