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Guinée: les parents d'élèves supplient l'opposition de ne pas manifester

Mise à jour le 15/09/2017 à 17h04 Publié le 15/09/2017 à 10h56 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
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#Guinée : Alors qu'elle prévoit une marche pacifique le 20 septembre prochain contre le régime d'Alpha Condé, l'opposition guinéenne est priée par les parents d'élèves de surseoir à cette énième descente dans la rue. Ils craignent une nouvelle perturbation des cours.

"Nous demandons aux hommes politiques de suspendre leur mouvement jusqu’à ce que nos enfants reprennent les cours de façon effective", a lancé Lancinet Conté, responsable de la Fédération guinéenne des parents d'élèves, lors d'une conférence de presse animée mercredi en prélude de la rentrée scolaire de ce 15 septembre.  
 
Si les parents d'élèves demandent à l'opposition de surseoir à sa prochaine marche, c'est parce que les manifestations sont rarement pacifiques. Elles entraînent souvent des violences, parfois meurtrières. Les jours de manifestation de l'opposition, les écoles restent fermées dans plusieurs quartiers de la capitale. C'est surtout dans la commune de Ratoma, favorable à l'opposition, que les parents se refusent, par prudence, d'envoyer leurs enfants à l'école.
 
Partant de cette expérience amère, les parents d'élèves cherchent à éviter de nouvelles manifestations en ce début d'année scolaire. "Les hommes politiques sont aussi des parents d’élèves, ils ont leurs enfants à l’école... Chacun de nous doit œuvrer pour la réussite (des élèves guinéens, NDLR)", essaye de sensibiliser Lancinet Conté.



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Après une année 2016 presque sans manifestation, l'opposition a renoué avec cette tradition de marches contre le régime Condé en août dernier. Les leaders de l'opposition ont mobilisé, le 2 août dernier, des dizaines de milliers de militants pour exiger, entre autres, la tenue des élections locales - celles-ci ne pourront d'ailleurs pas se tenir en 2017 selon la Commission nationale électorale renouvelée. Une trêve a été observée en raison du départ des pèlerins à la Mecque. Après quoi, l'opposition veut mettre la pression sur Alpha Condé et son gouvernement le 20 septembre, soit cinq jours après la rentrée des classes.

 
"Nous ne marchons pas contre les écoles, mais contre ce régime qui ne permet pas la tenue des élections locales, qui fait tout  pour ne pas respecter les conclusions des accords politiques inter-guinéens signés en 2016", a répliqué Makanéra Kaké, un des responsables de l'Opposition républicaine.
Le 15/09/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou