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Guinée: incertitudes autour de l'incendie du Camp Alpha Yaya

Mise à jour le 24/10/2017 à 11h24 Publié le 24/10/2017 à 11h23 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
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#Guinée : Après l'incendie du camp Alpha Yaya Diallo à Conacry, les riverains qui avaient fui leur maison sont revenus. Même s'il y a eu plus de peur que de mal, de nombreuses questions restent en suspens.

Dimanche, un incendie d'origine électrique provoquait une série d'explosions de munitions dans un des magasins d'armement du camp Alpha Yaya Diallo de Conakry.

Heureusement, on ne déplore aucune victime mais le sinistre a causé d'énormes dégâts matériels, selon des sources militaires. Le gouvernement, qui n'a pas encore fini d'en évaluer l'ampleur, n'a pas fourni de bilan officiel. Dans un communiqué publié dimanche, il a tout de même signalé que l'incendie était d'origine électrique.

Lundi dans l'après-midi, l'accès au camp Alpha Yaya Diallo était encore strictement contrôlé. La veille, deux cameramen d'une télévision de la place avaient été arrêtés alors qu'ils tentaient de filmer le magasin incendié. Ils ont été libérés lundi matin après la suppression des images qu'ils ont prises dans le camp.


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Dans la nuit de samedi à dimanche, l'incendie avait provoqué la psychose au sein des populations logées aux abords du camp. Ayant encore en mémoire l'incendie qui avait provoqué, en 2001, de fortes déflagrations aux abords du camp et jusque dans des quartiers éloignés, des riverains ont jugé plus prudent d'aller se refugier ailleurs. Parmi ceux-ci, Mohamed Sidibé, qui dit avoir quitté sa maison à Yimbaya, tôt dans la matinée de dimanche, pour aller chez un parent à Kagbélen (à près de 20 kilomètres). "Je sais pourquoi je suis parti. En 2001, un de mes parents à été grièvement blessé à cause des explosions au camp", se souvient-il.

Dans les cafés alentours, l'incendie continue d'être au centre des discussions. Et ils sont peu nombreux à croire encore à la version officielle, qui veut qu'un incendie soit à la base des explosions dans le magasin de blindés du Bataillon autonome des troupes aéroportées. D'ailleurs, la presse locale n'y croit pas non plus. Moise Sidibé, analyste pour le site Guineenews, signale: "Rien ne peut expliquer le refus de la cellule de communication du gouvernement ou de l’armée de montrer des images de ce court-circuit et de cet incendie au JT de la RTG."

Généralement, rappelle l'analyste: "On montre toujours les dégâts des incendies, comme lorsque le domicile d'Alpha Condé a été attaqué en 2011." Il renchérit: "Plus une information de ce genre est retenue, plus elle crée la curiosité, et c’est la rumeur qui court librement. Le problème, c'est que tout cela se passe à un moment de grand malaise en Guinée. Le mécontentement est partout, la version d’un court-circuit sera difficile à faire avaler aux populations..."


Le 24/10/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou