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Le pari trop ambitieux d’une Guinée sans sida en 2020

Mise à jour le 04/12/2017 à 11h03 Publié le 03/12/2017 à 10h02 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
VIH sida
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#Guinée : Le 1er décembre, la Guinée a célébré la Journée mondiale de lutte contre le VIH sous le thème «Droit à la santé». L’occasion pour le Premier ministre de revenir sur l’ambitieux objectif gouvernemental «Une Guinée sans sida à l’horizon 2020».

«La bataille contre le sida est loin d’être gagnée», a déclaré le Premier ministre, Mamadi Youla, qui a présidé la cérémonie de célébration à Conakry. Les chiffres donnent raison au chef du gouvernement guinéen. Selon Seraphine Wakana, coordinatrice du système des Nations unies en Guinée, plus de 120.000 personnes sont affectées par le VIH en Guinée. La maladie continue donc d’être l’une des principales causes de mortalité et de morbidité dans le pays.

Dr Abass Diakité, le secrétaire exécutif du Comité national de lutte contre le sida (CNLS), déplore l’impact négatif de ce nombre important d’infections sur le développement socio-économique du pays. «Parce que cela affecte énormément la population active», explique-t-il. En effet, la prévalence de la maladie est de 1,7% au sein de la population générale, dont 2,1% chez les femmes et 1,2% chez les hommes.


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Le bout du tunnel semble être encore très loin. Puisque seuls 35% des 120 000 personnes affectées ont accès au traitement antirétroviral.

Toutefois, des progrès notables ont été enregistrés ces dernières années selon les autorités guinéennes, qui mettent en avant la mise en place, en 2016, de 126 sites de conseil et de dépistage volontaire (CDV) pour aider à prévenir la maladie. "Le mécanisme de riposte dans notre pays figure au rang des priorités du gouvernement pour une Guinée sans sida à l’horizon 2020", a déclaré le Premier ministre. "C’est un pari certes ambitieux", a-t-il reconnu, mais qui pourrait être gagné avec «l’engagement résolu et la ferme détermination de tous et de chacun».

La coordinatrice du système des Nations unies en Guinée s’est également réjouie «des étapes significatives franchies» en 2016. Mais, elle, s’inscrivant plutôt sur le long terme, pense que la victoire sur l’épidémie nécessite de redoubler d’efforts d’ici 2030.

Une Guinée sans sida en 2020, ils sont peu nombreux à y croire. "Même si tout le monde venait à s'engager comme le gouvernement le souhaite, il est impossible de ne pas enregistrer de nouvelles infections à l'horizon 2020. Il y a toujours des gens qui ne croient pas à l'existence de la maladie", estime un expert à Conakry.
Le 03/12/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou