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Guinée: les enseignants suspendent leur grève

Publié le 08/12/2017 à 11h51 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
école Guinée

Les cours ont repris aujourd'hui dans les écoles de Guinée.

#Guinée : Grâce à la médiation des responsables religieux et de la société civile, les enseignants guinéens ont finalement accepté, jeudi, de suspendre leur grève. Ils donnent deux mois au gouvernement pour satisfaire leurs revendications.

La grève a été suspendue après que le gouvernement a donné son accord de principe pour le paiement, fin décembre, d'une partie de l'augmentation des salaires obtenue en février dernier. Le reste devrait être versé au premier trimestre de l’année 2018.

Les enseignants demandaient également un salaire minimum de base de huit millions de francs guinéens (près de 800 euros). Sur ce point, des bases de négociations ont été posées. "Nous devons rester soudés afin d'obtenir gain de cause", a lancé le secrétaire général adjoint du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, à l'endroit de ses collègues. "Si d'ici deux mois, le gouvernement ne respecte pas ses engagements, nous rentrerons dans une grève illimitée", a prévenu Soumah.

En suspendant la grève, les syndicalistes ont notamment remercié les leaders religieux (le grand imam et l'archevêque de Conakry) qui ont oeuvré pour mettre fin à la crise qui ébranle le système éducatif guinéen depuis près d'un mois.


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La grève suspendue, les cours vont normalement reprendre ce vendredi dans toutes les écoles du pays. Durant plus de trois semaines, les cours ont été perturbés dans plusieurs écoles de Conakry et de certaines autres villes du pays. 


La grève des enseignants a également donné lieu à des affrontements entre policiers et élèves. Des badauds en avaient profité pour semer la terreur à Conakry. Bilan: trois morts et des blessés, dont un étudiant ivoirien qui a reçu mercredi une balle perdue en pleine tête alors qu'il était au balcon de son immeuble.

Déclenchée le 13 novembre par des dissidents, à la tête desquels le secrétaire général adjoint du SLECG Aboubacar Soumah, la grève des enseignants a été longtemps ignorée par le gouvernement qui l'avait qualifiée d'"illégale" et de "sauvage". Mais la tournure qu'elle a pris a obligé Alpha Condé à négocier avec les syndicalistes.    
Le 08/12/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou