Fermer

Guinée: l'insécurité à Conakry fait sortir Alpha Condé de ses gonds

Mise à jour le 22/12/2017 à 19h44 Publié le 22/12/2017 à 14h17 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
banditisme
© Copyright : DR

#Guinée : Attaques armées, viols, kidnapping, disparition, ..., les Conakrykas ont la peur au ventre. L'insécurité qui relance la psychose au sein des opérateurs économiques et du reste de la population de la capitale guinéenne fait enfin réagir le président Alpha Condé.

A Conakry, il ne se passe pas une semaine sans que la presse ne rapporte au moins un agissement de bandits. Attaque à main armée, kidnapping, disparition, viol... installant la psychose chez les Conakrykas (habitants de Conakry), surtout depuis le début de ce second semestre.

La dernière en date, l'enlèvement le 5 décembre dernier d'un vieil homme d'affaires de 80 ans, qui n'est pas encore libéré. Selon le président du Groupe organisé des hommes d'affaires (GOHA), Chérif Abdallah, il téléphone de temps à autre à sa famille, mais ses ravisseurs n'ont jamais dit où il se trouve. Les proches du vieil homme ont indiqué que les ravisseurs demandent le paiement d'une forte rançon. 

L'enlèvement du vieux El Hadj Abdourahmane Diallo faisait suite à l'enlèvement en octobre dernier du fils d'un autre riche homme d'affaires à Conakry. Celui-ci avait été libéré contre le paiement une rançon. Exaspérés par ce nouvel enlèvement d'un des leurs, les commerçants guinéens ont protesté en fermant les boutiques du plus grand centre commercial de Conakry.

"Notre rôle c’est de payer les taxes. Il revient à l’Etat de sécuriser les opérateurs économiques et leurs biens, et c'est ce rôle qu'il ne joue pas actuellement", avait pesté le président du GOHA, Chérif Abdallah.

L'insécurité à Conakry n'est pas un phénomène nouveau. En 2012, une opération de vol à main armée avait coûté la vie à Mme Aissatou Boiro, alors directrice nationale du Trésor public. Cinq ans après, le procès de ses présumés assassins s'est ouvert mardi à Conakry.

Ce qui paraît nouveau à Conakry, c'est le kidnapping des hommes d'affaires. "Le phénomène n'est pas nouveau, seulement il y a longtemps qu'on ne le vivait plus", explique un doyen des hommes d'affaires. Quant au viol, il fait le cauchemar des femmes et filles de Guinée ces dernières années.


LIRE AUSSI: Guinée: les raisons de l'ampleur des crimes expliquées par le procureur de Conakry



Face à cette situation, mercredi, à l'ouverture d'un forum d'affaires à Conakry, le président Alpha Condé s'est montré conscient du danger que représente l'insécurité pour l'économie du pays. "Nous sommes en train de reformer les services de sécurité et leur donner les moyens véritables pour lutter contre le grand banditisme. Les bandits utilisent les armes de guerre, il faut donc savoir comment se battre contre eux. Il va y avoir des patrouilles de la gendarmerie et de l’armée pour lutter contre ce fléau", a indiqué le président Alpha Condé.

"Ainsi les éléments de la BAC (Brigade anti-criminalité) vont s’occuper du grand banditisme dans la capitale, l’armée et la gendarmerie vont faire des patrouilles pour lutter contre les coupeurs de route", a-t-il poursuivi.

Pour le président guinéen, la lutte contre l'insécurité passe aussi par une justice forte. Malheureusement, a-t-il déploré, il arrive parfois que la justice libère des grands bandits. "J’avoue que la réforme de la justice doit continuer, monsieur le ministre d’Etat!, car si les hommes d’affaires n’ont pas confiance en la justice, évidemment ils ne seront pas encouragés à investir", a déclaré Alpha Condé.


Le 22/12/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou