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Guinée: quand «l’étiage» du fleuve Konkouré prive Conakry d’électricité

Mise à jour le 03/01/2018 à 18h52 Publié le 03/01/2018 à 18h39 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Fleuve Guinée
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#Guinée : La capitale guinéenne est replongée dans le noir depuis la mi-décembre. Une situation que le ministre en charge de l’énergie explique par l’étiage du fleuve Konkouré, sur lequel est bâti le barrage hydroélectrique de Kaléta.

Les délestages électriques ont repris à la mi-décembre. Comme il y a deux ans, chaque quartier de Conakry doit attendre son tour d’électricité. Si la situation fait beaucoup jaser, c’est que les coupures sont intervenues durant la période de fin d’année.

«Laisser les Guinéens sans électricité pendant les fêtes de fin d’année, c’est vraiment dommage. Toutes les dispositions devraient être prises», s’est plaint Ousmane Mara, domicilié au quartier Hambdallaye. «Et ce n’est pas encore fini, nous continuons dans le noir en 2018 avec pour conséquence la chaleur et les moustiques qui nous empêchent de dormir», renchérit Mara.
 
Face à l’indignation, le ministre de l’Energie Taliby Sylla a dû expliquer que les coupures étaient dues à l’étiage du fleuve Konkouré, sur lequel est bâti le barrage hydroélectrique de Kaléta.


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La Guinéenne de l’énergie (EDG) a abondé dans le même sens en indiquant qu’elle «est confrontée à de multiples perturbations causées par la production insuffisante en raison du manque d’eau dans les retenues des barrages des centrales hydroélectriques».

 
Alors que le barrage hydroélectrique de Kaléta, 240 mégawatts, est confronté à l’étiage, les centrales thermiques de Conakry connaissent elles aussi des dysfonctionnements.

C’est du moins l’explication fournie par EDG. «EDG fait appel au maximum à la capacité de production thermique disponible malgré les coûts élevés et les difficultés d’approvisionnement en carburant nécessaire au fonctionnement de ces centrales thermiques», a toutefois tenté de rassurer la société nationale d’électricité placée sous la tutelle de la société française VEOLIA. 


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Depuis le lancement du barrage hydroélectrique de Kaléta en décembre 2015, Conakry et ses villes environnantes ont connu une amélioration de la desserte en électricité. Mais la fourniture est parfois perturbée par l’étiage du fleuve Konkouré et les travaux de réhabilitation du vieux réseau électrique de Conakry. «En 2015, nous étions en période électorale et les autorités n’avaient pas dit toute la vérité sur Kaléta. La réalité, c’est que les cours d’eau en Guinée ne sont pas réguliers toute l’année», estime l’analyste Oumar Sylla.
 
Alors que Kaléta était présenté comme la solution aux coupures d’électricité à Conakry, les autorités guinéennes misent désormais sur Souapiti pour accroître sa production énergétique et en finir avec le cycle de délestage. Celui-ci, en construction sur le même fleuve Konkouré, a une capacité prévisionnelle de 515 mégawatts et pourrait être livré en 2020.
Le 03/01/2018 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou