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Célébration du 1er mai sur fond de crise sociale

Publié le 02/05/2016 à 16h11 Par De notre correspondant à Bamako Daouda Tougan Konaté

#Société
1er mai au Mali
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#Mali : La journée du 1er mai, fête du travail, a été commémorée au Mali, dans un contexte social tendu. Les principaux syndicats du pays menacent de conduire des grèves générales dans les jours à venir.

Ce 1er mai 2016, comme on pouvait s’y attendre, a été l’occasion pour les travailleurs du Mali de battre le pavé, d’exposer leurs revendications et surtout de montrer leur détermination à lutter pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

Les deux principales centrales syndicales à savoir : l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) reprochent au gouvernement sa lenteur dans la satisfaction de leurs revendications et menacent d’aller en grève.

Ainsi, du Boulevard de l’Indépendance, en plein centre de Bamako, en passant par le siège de la CSTM, les syndicalistes des organisations affiliées aux deux centrales, ont profité de cette journée pour égrener des listes de revendications visant à améliorer le bien-être des travailleurs maliens.

Le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, a annoncé le dépôt très prochain d'un nouveau cahier de doléances sur la table du gouvernement.

«Le monde syndical est marqué par des dépôts incessants de préavis de grève, ces temps-ci. Face à l’extrême lenteur imprimée à l’extinction définitive des revendications du préavis de grève de 2011 et d’octobre 2014 (17 points de revendications inscrits dans un chronogramme d’exécution négocié entre l’UNTM et le gouvernement), le bureau exécutif de l’UNTM, conscient de la dureté de la vie, de la modicité des revenus, déposera un nouveau cahier de doléances sur la table du gouvernement», a prévenu Yacouba Katilé, secrétaire général de l’UNTM.

Même son de cloche du côté de la CSTM qui a tenu en lieu et place du traditionnel défilé, un meeting à son siège. Hamadoun Amion Guindo, secrétaire général de la CSTM et ses camarades qui ont battu le pavé dans les rues de Bamako, le 21 avril dernier, ne décolèrent pas. «En cas de non satisfaction de notre préavis déposé le 31 mars, nous partirons en grève de quarante huit-heures à compter de demain 3 mai». En plus, la centrale projette de marcher le 12 mai prochain. Toutefois des négociations sont ouvertes dès ce lundi pour tenter d’apporter des réponses aux revendications des travailleurs.

Parmi ils griefs que reproche la CSTM à l’Etat figure, entre autres, la dégradation de la situation de l’école et de la santé, l’accaparement des terres des paysans, l’accroissement du taux du chômage, le licenciement abusif des travailleurs notamment dans le secteur minier, la perte progressive de la souveraineté du Mali, la cherté de la vie et la paupérisation galopante de la population.

C’est dire que le front social sera en ébullition dans les jours et les mois à venir dans un pays déjà mal en point.

Le 02/05/2016 Par De notre correspondant à Bamako Daouda Tougan Konaté