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Un week-end mouvementé à Bamako

Publié le 23/05/2016 à 08h12 Par De notre correspondant à Bamako Daouda Tougan Konaté

#Société
marche opposition
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#Mali : Les organisateurs des deux marches du week-end ont réussi le pari de la mobilisation. L’opposition a mobilisé pour dénoncer la mal gouvernance et exiger le retour de l’ancien Président de son exil forcé au Sénégal. Les partis au pouvoir ont organisé un meeting pour la paix et la réconciliation.

La grande marche de l’opposition annoncée, depuis longtemps, a été saisie comme une occasion inespérée pour les citoyens lambda d'exprimer leur ras-le-bol face aux dérives de la gouvernance et la cherté de la vie.

Ce sont  des milliers de personnes venues de toutes les communes du District qui ont convergé, ce dimanche matin à 9 heures, vers la place de la liberté, point de départ de la marche.

Sur les banderoles, des messages de dénonciations et d’interpellations du pouvoir pour faire face aux problèmes réels du pays. Pour Tiebilé Dramé, un des leaders de l’opposition et Président du PARENA, cette marche n’est pas une marche de l’opposition, mais une marche du Mali pour dire non aux scandales financiers qui ont émaillé les 33 mois de pouvoir d’IBK -Ibrahima Boubakar Keita-, dire non à l’immobilisme et exiger le retour de l'ancien président Amadou Toumani Touré (ATT) en exil à Dakar, au Sénégal.

«Halte à la dilapidation des ressources publiques», «Non aux autorités intérimaires», «On en a marre des tergiversations du régime dans la gestion du problème du nord», sont entre autres les messages véhiculés par les marcheurs, partis place de la liberté, en passant à la place OMVS, jusqu’au monument de l’indépendance où une déclaration a été lue par le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé.

Dans sa missive, Cissé, a exigé : la tenue d’assises nationales pour la refondation de l’Etat, une meilleure dotation des forces de sécurité pour la défense de l’intégrité territoriale, la fin de la gestion patrimoniale de l’Etat, etc.

En plus des forces de l’ordre mobilisées en grand nombre, la marche  a été encadrée par 600 jeunes militants des partis politiques de l’opposition ou d’associations.

Comme une réplique à la marche, le soir vers 16 heures, la salle des 1500 places du Palais de la culture Amadou Hampaté Ba sur la rive droite du fleuve, est prise d’assaut par le Rassemblement pour la paix et la réconciliation ‘’An Ka Ben" (faisons la paix), chapeauté par le parti au pouvoir et regroupant plusieurs partis politiques et associations.

Parmi le public, certains membres du gouvernement, issus du parti présidentiel, des représentants des mouvements armés (la Coordination du mouvement de l'Azawad et la Plateforme), la coordination des chefs de quartiers de Bamako, les partisans de tous les anciens présidents du Mali.

Ici, contrairement à la marche de l'opposition, le message se résume à un appel à la paix et à la réconciliation de tous les fils du pays.

A noter que les anciens Présidents du Mali (Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, ATT et Dioncounda Traoré) étaient les grands absents de cette rencontre.

Le 23/05/2016 Par De notre correspondant à Bamako Daouda Tougan Konaté