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Le gouvernement malien interdit l’orpaillage traditionnel pour trois mois

Publié le 14/06/2016 à 18h32 Par De notre correspondant à Bamako Daouda Tougan Konaté

#Société
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#Mali : L’orpaillage traditionnel est interdit pour trois mois. Avec cette décision, le gouvernement essaye d’éviter les accidents et les pertes de vies humaines durant la période hivernale.

L’activité d’orpaillage traditionnel en période hivernale est très dangereuse avec des risques d’éboulement des terres et d’effondrement des puits. Chaque année, ces sont des dizaines d’orpailleurs qui perdent la vie suite à ces phénomène. Pour éviter de tels drames, le gouvernement vient d’interdire du 15 juin au 30 septembre 2016 compris, les activités d’extraction de minerais sur les sites d’orpaillage.

Le ministre des mines, dans un communiqué, prévient que tout contrevenant s’expose aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

La mesure vise non seulement à prévenir les risques évidents d’éboulements mortels et d’accidents divers en raison de la saison hivernale, mais aussi et surtout inciter les jeunes (bras valides) à rejoindre les zones d’agriculture.

L’orpaillage en plus de ses conséquences fâcheuses sur l’environnement, impacte beaucoup la production agricole du fait de la ruée des jeunes vers les sites d’orpaillage.

Selon la chambre des mines du Mali, l’activité d’orpaillage qui se pratique dans près de 300 sites au Mali produit une dizaine de tonnes d’or par an et fait vivre entre un à deux millions de personnes. Toutefois, le secteur échappe à tout contrôle de l’Etat qui n’a aucune emprise sur cette activité.

Pendant l’hivernage, on enregistre des cas d’accidents avec leurs lots de victimes. Le 13 septembre 2014, l’effondrement d’un tunnel avait fait 16 victimes et 8 blessés dans le cercle de Kangaba. Courant 2015, on a enregistré quatre cas d’éboulements qui ont causé plusieurs morts d’hommes dans les sites d’orpaillage de Foroko et Siakabougou, toujours dans le cercle de Kangaba.

Ces éboulements s’expliquent en grande partie par le fait que les zones d’exploitation sont complètement déboisées et le fait aussi que les milliers de puits creusés par les orpailleurs sont abandonnés en l’état contribuant à la destruction anarchique du sol et de la végétation.

Reste que malgré les risques de l’orpaillage durant l’hivernage, l’interdiction de pratiquer n’est d’ailleurs guère respectée.

Le 14/06/2016 Par De notre correspondant à Bamako Daouda Tougan Konaté

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