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Algérie: la presse évite de parler du rôle de comparse de Ouyahia à Abidjan

Mise à jour le 01/12/2017 à 13h41 Publié le 01/12/2017 à 13h32 Par Mar Bassine

#Politique
merkel ouyahya zuma

Ahmed Ouyahia a beau s'asseoir entre Angela Merkel, la chancelière allemande et Jacob Zuma, le président sud-africain, il est allé faire de la figuration à Abidjan.

#Maroc : A son retour d'Abidjan, Ahmed Ouyahia n'évoque qu'une somme dérisoire dédiée aux pays du Sahel, qui, en réalité, est allée dans la poche des généraux algériens. La presse en parle sans relever la nuance et rien n'est dit sur la mise à l'écart d'Alger au sommet Union européenne-Union africaine.

Il est étonnant d'observer le silence de la presse algérienne sur la mise à l’écart dont Alger a fait l’objet lors du rendez-vous d’Abidjan. Dans tous les supports, on se borne à relayer des informations marginales dans la résolution d’un problème crucial. Les confrères algériens ne font que rapporter la communication officielle qui ressemble à une insipide propagande.

De son côté, Ahmed Ouyahia, en homme du passé, se limite à rappeler qu’au cours de la dernière décennie, l’Algérie avait contribué pour une dérisoire somme d’argent à la formation de force spéciales dans cinq pays du Sahel. L’information est relayée un peu partout, après que l’agence Algérie presse service (APS), l’organe d'information officiel algérien, ait produit sa dépêche.


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Ainsi, sur les sites d’information Tout sur l’Algérie ou Algérie Focus, on ne se gêne pas pour citer les 100 millions de dollars dont parle Ahmed Ouyahia. Ce dernier affirme que “l’implication solidaire de l’Algérie dans la lutte antiterroriste dans la sous-région sahélienne est organisée depuis plus de 10 ans à travers le Comité d’état-major opérationnel des armées (CEMOC) et d’autres mécanismes de coopération”. A la suite de cette phrase, il annonce le fameux chiffre qu’aurait dépensé l’Algérie il y a quelques années. Mais la manière dont cette manne a été utilisée mérite d’être explicitée.

D’une part, au niveau des pays du Sahel, tout le monde sait que les 100 millions de dollars dont Ouyahia parle sont en fait un budget qui est resté entre les mains de l’armée algérienne et de ses généraux. Ils étaient censés financer la formation des forces spéciales mais pas un seul dinar n’a été transmis aux Mauritaniens, Maliens ou Nigériens.

D’autre part, on se fait l’économie d’expliquer que ce fameux CEMOC est en fait une création mort-née d’Alger. Il devait regrouper les chefs des armées algérienne, malienne, mauritanienne et nigérienne, mais il a fait pschitt. Le Centre de recherche sur le terrorisme l’a qualifié de coquille vide. Puisque depuis sa création en mars 2010, il n’a mené aucune action concrète. Et quand le Nord Mali a été envahi par une bande de djihadistes, l’Algérie a transmis un message clair à son voisin du Sud: «Débrouillez-vous». Aujourd’hui, le CEMOC, que Ouyahia n’a eu aucune honte à citer comme fait d’arme algérien, ne se réunit même plus.

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A aucun moment, la presse ne s’est demandée pourquoi Ouyahia n’a pas fait d’annonce sur ce que l’Algérie fera dans l’immédiat pour contribuer à régler le drame. Elle ne s'interroge pas non plus sur la mise à l’écart d’Alger lors de la fameuse réunion de mercredi soir. C’est en effet au cours de celle-ci que tout s’est décidé. Le Maroc, le Niger, le Tchad et le Congo y ont représenté l’Afrique à côté de l’Union africaine. Alors que l’Union européenne a convoqué la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. La supervision de l’ONU a donné à cette rencontre en marge du sommet Union africaine-Union Européenne d’Abidjan, une légitimité internationale. 
Le 01/12/2017 Par Mar Bassine

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