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Union africaine: 60 millions de dollars dans le fonds pour la paix

Mise à jour le 19/11/2018 à 11h56 Publié le 19/11/2018 à 11h54 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
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#Maroc : Créé, en théorie, en 1993, mais resté depuis désespérément à sec, le Fonds de l’Union Africaine dédié à la paix, à la prévention des conflits et à la sécurité, est désormais alimenté par une enveloppe de 60 millions de dollars, et devrait franchir la barre des 100 millions de dollars à fin 2018.

Le Fonds de l'Union africaine dédié à la paix et à la sécurité sera désormais approvisionné en ressources nécessaires à même d'assurer sa mission. Cette orientation, de la plus haute importance stratégique pour l’indispensable autonomie de l’organisation panafricaine, est l’un des principaux résultats du 11e sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA), dont les assises se sont déroulées samedi et dimanche derniers à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, qui abrite le siège de l'organisation. 

Cette manifestation a vu la présence de 21 chefs d’Etat. Ce chiffre, en soi, n’est pas une mauvaise performance dans la tradition politique d’un sommet extraordinaire. Mais l’absence au plus haut niveau de quelques poids lourds, à l’image de l’Egyptien Abdefattah Al-Sissi, qui doit succéder au rwandais Paul Kagame à la tête de l'Union africaine en 2019, et du chef d'Etat du Nigeria, n'est pas passée inaperçue. 


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C’est à partir de 2016 que l’opérationnalisation du Fonds pour la Paix de l’UA est apparue comme une priorité. Elle a été confiée au duo Paul Kagame, président du Rwanda, et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA.

Ces deux responsables ont dès lors entamé le travail pied au plancher, malgré les nombreux obstacles et réticences sur un chemin, parsemé de chausse-trappes et de peaux de bananes. Une réalité qui a d'ailleurs été étalée au grand jour durant ce sommet extraordinaire.

Ce fonds, désormais alimenté d'une somme conséquente, est placé sous le contrôle du Conseil de Paix et de sécurité de l’Union Africaine (CPS/UA).

Il a pour objectif «de prévenir les conflits qui ravagent l’Afrique par des actions de médiation à travers l’envoi d’émissaires, mener des interventions pour le maintien de la paix, travailler au retour de la paix après l’éclatement de la guerre et assister les Etats en situation de post-conflit grâce à des actions de reconstruction».


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Le montage destiné à alimenter en ressources financières le Fonds pour la Paix de l’Union Africaine (UA) est l’œuvre du rwandais Donald Kaberuka, ancien ministre des Finances du Rwanda, et ex président de la Banque africaine de développement (BAD).

Dans son travail, Kaberuka a bénéficié de l’expertise juridique de maître Kalidou Gadio, un mauritanien diplômé en droit financier de l’université de Harvard, ex-Conseiller Juridique général de la BAD, qui officie actuellement en qualité d’associé au sein du cabinet d’affaires américain Manatt, Phelps & Phillips, dont le centre névralgique se trouve à Washington.

Dans son rapport, Donald Kaberuka a appelé à la création d’un fonds indépendant de 400 millions de dollars, qui représenterait 25% des besoins de l'institution panafricaine. Celui-ci devait initialement être alimenté par une taxe de 0,2%, prélevée par les douanes des pays de l’Union africaine, envoyée dans les Banques centrales des Etats membres et reversée sur le compte de l’UA.


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La proposition de Kaberuka, à l’origine de la fameuse «Taxe Kagame» de 0,2% sur les importations hors Afrique des Etats, s’est finalement heurtée à plusieurs contraintes reposant sur trois types d’arguments.

Ainsi, certains pays ont avancé des arguments d’ordre constitutionnel. Quelques Etats, à l’image des pays d’Afrique Australe ont brandi l’argument des droits de douanes prélevés au niveau régional pour expliquer l’impossibilité de la perception de cette taxe.

Un troisième type d’arguments a été soulevé par quelques signataires d’accords commerciaux, pour lesquels le prélèvement de la taxe entraînerait une mesure réciproque des partenaires.

A la lumière de toutes ces remarques, le sujet relatif aux contributions des Etats a été remis au prochain sommet des chefs d'Etat qui se tiendra en février 2019, toujours à Addis-Abeba. 


Voici la composition des organes du fonds de la Paix de l'UA: 
- Un Conseil d’Administration: composé de 7 personnalités, dont 2 représentent les Nations Unies (ONU) et l’Union Européenne (UE), et
un représentant pour chaque région Africaine.
- Un Conseil de gestion: celui-ci est présidé par le président de la Commission de l’UA. dans ce conseil siègent aussi le président du Conseil de Paix et sécurité et le président de la commission Politique de l’UA.
- Un Secrétariat permanent sous la férule d’un directeur, nommé par le président de la commission de l’UA, en consultation avec le Conseil de gestion.
Le 19/11/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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