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Covid-19: les mesures prises par les pays maghrébins pour se protéger du variant Omicron

Mise à jour le 29/11/2021 à 15h15 Publié le 29/11/2021 à 15h14 Par Moussa Diop

#Politique
Omicron
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#Maroc : L’apparition du nouveau variant Omicron a poussé les pays du Maghreb à adopter de nouvelles mesures pour éviter le scénario catastrophique du variant Delta. Mesures radicales, durcissements et attentisme résument les stratégies adoptées par les trois pays maghrébins face à cette nouvelle menace.

Le monde se barricade face au nouveau variant du Covid-19, Omicron, détecté en Afrique du Sud et qui se propage rapidement dans le monde, notamment au niveau européen. Ce variant est caractérisée par ses nombreuses mutations alors que le Delta, à l’origine d’une vague de contagion mondiale exceptionnelle, n’en compte que deux.

Conséquence, Omicron, source de toutes les spéculations et inquiétudes, sème un vent de panique à l’échelle de la planète poussant presque tous les pays à prendre rapidement des mesures, parfois draconiennes, afin d’éviter les contagions.

A l’instar des pays européens, les premiers à réagir face à la découverte de ce nouveau variant du virus Sars-Cov-2, les pays maghrébins, qui se préparaient déjà à l’arrivée d’une 4e vague de contagion, ont eux aussi rapidement réagi, mais de manière divergente.

Maroc: la manière radicale pour éviter le scénario du variant Delta

Le Maroc a été l’un des pays africains les plus touchés par le variant Delta détecté pour la première fois en Inde, à côté de l’Afrique du Sud et de la Tunisie, du moins si on se base sur les données officielles concernant les cas annoncés et les décès liés au Covid-19. Cette fois-ci, et malgré un taux de vaccination parmi les plus élevés du continent, le Maroc a pris les devants en instaurant une mesure radicale.

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Le Royaume a en effet décidé dimanche de suspendre tous les vols directs de passagers à destination du Maroc pour une durée de 2 semaines à compter de ce lundi 29 novembre à 23h59. «Cette décision intervient en raison de la propagation rapide du nouveau variant du virus du Covid-19, Omicron, notamment en Europe et en Afrique, et afin de préserver les acquis réalisés par le Maroc dont la lutte contre la pandémie et protéger la santé des citoyens», souligne le Comité interministériel de suivi de la pandémie. Des vols de rapatriement seront toutefois organisés par les ambassades des pays concernés.

Cette décision radicale est intervenue après l’interdiction de l’accès à son territoire aux ressortissants de 7 pays d’Afrique australe suite à la détection du variant Omicron et la suspension des vols à destination et en provenance de la France en raison de la recrudescence des contagions dans ce pays et ce, malgré le fait que ce pays soit le premier partenaire économique du Maroc et les relations culturelles et humaines avec plus de 1,3 million de Marocains vivant dans ce pays.

Cette décision marocaine vise à éviter autant que possible l’arrivée rapide dans le pays de ce nouveau variant dont on ne sait pas grand-chose. Et la durée de deux semaines de fermeture des frontières aériennes correspond au délai que les experts jugent nécessaire pour avoir une idée précise de sa dangerosité et de la baisse ou non d’efficacité des vaccins.

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Rappelons que le Maroc a enregistré 949.732 cas depuis l’apparition de la pandémie dont 14.774 décès liés au Covid-19. Grâce à une campagne de vaccination réussie, le pays a fortement réduit les contagions. Lors de la journée du 28 novembre, seulement 84 nouveaux cas ont été enregistré pour 0 décès. Le pays compte 2.973 cas encore actifs.

Ces baisses sont imputées à la campagne de vaccination qui a permis au Royaume de vacciner complètement 22,6 millions de personnes, soit plus de 61% de la population totale marocaine.

Tunisie: durcissement des conditions d’entrée dans le pays

A l’instar du Maroc, la Tunisie aussi a pris des mesures suite à l’apparition du variant du Covid-19, Omicron, et sa détection dans plusieurs pays européens. Ainsi, de nouvelles mesures pour accéder au territoire tunisien vont entrer en vigueur dès le 1er décembre 2021. D’abord, tout passager non résident âgé de plus de 18 ans qui souhaite se rendre en Tunisie doit présenter un certificat prouvant la finalisation du schéma vaccinal ou un pass vaccinal. De plus, tout passager doit présenter un certificat de moins de 48 heures de test PCR négatif et ce, pour toutes personnes âgées de plus de 2 ans.

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En outre, un confinement sanitaire de 10 jours dans l’un des centres dédiés est obligatoire pour tous les individus venant de l’étranger ou les étrangers résidant en Tunisie et n’ayant pas finalisé leur schéma vaccinal. Ces personnes devant prendre en charge les frais de séjour et e réalisation du test PCR pendant les dernières 24 heures de séjour dans les lieux de résidence.

Enfin, la Tunisie étant un pays de destination du tourisme médicale, désormais, en plus des nouvelles conditions citées, les personnes souhaitant venir dans le but de recevoir des soins doivent présenter une autorisation de la part des services spécialisés auprès du ministère de la Santé.

A noter qu’au-delà de ces mesures, tous les voyageurs rentrants seront systématiquement soumis à un test rapide à leur arrivée en Tunisie.

Grâce à ces mesures, la Tunisie, durement touchée par la 3e vague de contamination au Covid-19 et qui enregistre officiellement le plus grand nombre de décès du continent derrière l’Afrique du Sud, compte éviter le scénario du variant Delta qui avait entraîné le chaos, poussant les autorités à faire appel à l’aide internationale.

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La Tunisie a enregistré lors de la journée du 28 novembre 175 nouveaux cas et 1 décès. Et depuis l’apparition de la pandémie, ce sont 717.163 cas qui ont été enregistrés dans le pays pour 25.363 décès.

La Tunisie compte un total de 5,2 millions de personnes totalement vaccinées, soit 43,1% de la population du pays.

Algérie: pas de mesures spéciales…

Contrairement au Maroc et à la Tunisie, l’Algérie n’a pas encore pris de mesures pour faire face à la recrudescence de la pandémie et surtout à l’apparition du nouveau variant Omicron. Les spécialistes en charge de la lutte contre la pandémie de Covid-19 en Algérie, tout en recommandant le renforcement des mesures de protection dans les aéroports et les ports, sont même opposés à la fermeture des frontières. Le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne d’infectiologie (SAI), a même qualifié la décision marocaine de fermer ses frontières aériennes durant 15 jours d’«exagérée». Pour lui, la présentation d’un test PCR de 36 heures en plus d’un test antigénique à l’arrivée en Algérie sont suffisants pour contribuer à empêcher l’importation du nouveau variant.

Les autorités algériennes ne semblent donc pas avoir pris de décisions face au nouveau variant et c'est encore l'attentisme qui prévaut, comme lors des acquisitions de vaccins anti-Covid-19.

Pourtant, le pays compte peu de personnes vaccinées, comparativement à ses voisins maghrébins. Officiellement, 5 millions de personnes sont totalement vaccinées, soit 11,4% de la population totale.

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Pourtant, la hausse des contaminations au Covid-19 commence à inquiéter d’autres spécialistes qui pensent que c’est le prélude à la 4e vague. En effet, après avoir affiché durant des semaines des cas quotidiens inférieurs à 100, les contagions grimpent. Ainsi, lors de la journée du 28 novembre, 170 nouveaux cas ont été enregistrés, ainsi que 6 décès.

Depuis le début de la pandémie, le pays compte 209.980 cas, pour 6.052 décès. Toutefois, selon les experts sanitaires, même algériens, ces chiffres sont loin de refléter la réalité. Très peu de tests sont réalisés par les autorités sanitaires pour avoir une idée un peu claire du degré des contaminations dans le pays. Toutefois, la saturation des hôpitaux et la pénurie d’oxygène durant la 3e vague de contagion au Covid-19 donnaient une idée sur l’ampleur des contaminations. 
Le 29/11/2021 Par Moussa Diop