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Algérie-Maroc: après la polémique du couscous, un "rebab" fait beaucoup de bruit

Mise à jour le 12/10/2018 à 12h42 Publié le 12/10/2018 à 12h31 Par Mar Bassine

#Culture
Algérie-Maroc: après le couscous, un "rebab" fait beaucoup de bruit pour rien
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#Maroc : Cette fois-ci, entre le Maroc et l'Algérie, la crise est culturelle. Un modeste rebab collé sur un malheureux timbre-poste à l'occasion de la manifestation "Oujda, capitale de la culture arabe" fait du bruit. Les "blousa oujdiya" sont aussi la cible de la colère des Tlemcéniens...


On croyait la rivalité culturelle entre le Maroc et l'Algérie définitivement enterrée après l'échange épistolaire enflammé, sur le couscous l'année dernière. La presse algérienne est pourtant revenue à la charge, cette fois-ci à propos de malheureux timbres-postes émis par Poste Maroc à l'occasion de la manifestation "Oujda, capitale de la culture arabe". 

Un organe proche des militaires algériens et qui diffuse ses articles en ligne rue dans les brancards et affirme que deux de ces timbres sont illustrés par un rebab et une blousa. Pour l'auteur de l'article, le rebab est "un instrument typiquement tlemcénien" et la blousa oujdiya serait en fait une blousa oranaise. 


>>>LIRE AUSSI: Maghreb: une labellisation du couscous moins anodine qu'il n'y paraît

Le rebab, "typiquement tlemcénien" ferait se retourner dans sa tombe le musicologue et éminent politologue arabe du Xesiècle El Farabi qui le mentionne déjà dans ses écrits. Il serait plus juste de dire que la paternité de cet instrument est arabo-musulmane, puisque la famille des rebabs s'est répandue du Maroc à l'Indonésie. Par ailleurs, l'unique festival consacré à cet instrument dans la sous-région se tient tous les ans à Oujda, ce qui montre son ancrage dans le patrimoine local oujdi. 

Quant à la Blousa, on en voit aucune trace chez les Algériennes dès lors qu'on s'éloigne de la frontière marocaine. Le descriptif qu'en donne l'auteur de l'article critique est juste. Il s'agit bien de la même robe que portent les femmes Oujdies, mais aussi celles d'Oran ou de Tlemcen, autant de localités qui, en somme, ont partagé la même culture et possèdent le même patrimoine. 

Tout cela ressemble bien à une querelle de hammam... En espérant, bien sûr que l'on ne pense pas déposer des brevets pour l'invention des hammams de l'autre côté de la frontière... 
Le 12/10/2018 Par Mar Bassine