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Algérie. L'arroseur arrosé: privés de contrebande, les chômeurs exigent du travail

Mise à jour le 08/02/2018 à 18h43 Publié le 08/02/2018 à 18h42 Par Mar Bassine

#Société
Algérie. L'arroseur arrosé: privé de contrebande, les chômeurs exigent du travail

Les populations de Tlemcen et Maghnia rappellent au gouvernement algérien leur triste sort.

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#Maroc : Pour nuire coûte que coûte à l'Oriental marocain, Alger a réussi à réduire sensiblement la contrebande à laquelle se livraient les populations des wilayas de Tlemçen et Maghnia, révélant le désœuvrement extrême des jeunes qui réclament désormais du travail.

Bloquer l'Oriental marocain est devenu une obsession pour le régime algérien, qui construit des murs, érige des barbelés, ferme la frontière terrestre et, par la même occasion, détruit le pont invisible, mais séculaire entre les deux pays. 

Sauf que cette attitude hostile envers son voisin marocain a un effet boomerang inattendu. En effet, tout l'Ouest algérien vit aux dépens de l'Oriental marocain, unique client des produits de contrebande. La fermeture de la frontière a donc fatalement causé une exacerbation des conditions de vie des Algériens de Tlemcen et de Maghnia. 

Ainsi, ce qui devait arriver arriva, puisque depuis quelques jours, les populations de Souani dans la wilaya de Tlemcen et celles de Labtime à Maghnia, battent le macadam pour exiger du travail en remplacement de leur traditionnelle activité de contrebande. Mercredi, des centaines de chômeurs de la localité de Labtime ont bloqué la route nationale 7A, deux jours après que ceux de Labtime avaient fait la même chose. Dans l'un et l'autre cas, les revendications étaient les mêmes. 

Toutefois, le mécontentement vire à la contestation régionale. Les chômeurs ont fini par dénoncer "un manque de considération de la part des autorités qui ont imposé un black-out sur la frontière Ouest sans pour autant proposer d'alternatives à une population minée par le chômage". A ce rythme, tout l'Ouest algérien risque de s'embraser, comme l'a fait un mois plus tôt la Kabylie. 

Il faut dire que dans l'Est algérien, la contrebande est "l'unique activité qui offrait des revenus réguliers et durables", analyse Algérie Focus. Mais si les trafics en tous genres prospèrent, c'est uniquement parce que la fermeture de cette frontière depuis 1994 prive les populations limitrophes de leur droit naturel à exploiter le potentiel d'échanges commerciaux. 

Car faut-il le rappeler, depuis l'indépendance, la frontière entre les deux pays n'est pas restée ouverte plus d'une dizaine d'années à cause des mésententes récurrentes entre les deux pays. Il était donc normal que l'économie souterraine s'y développe, au grand bonheur des populations des deux pays et au détriment de leurs trésors publics respectifs. 


 
Le 08/02/2018 Par Mar Bassine