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Centrafrique: les casques bleus marocains et les points chauds, ville par ville

Mise à jour le 04/08/2017 à 09h49 Publié le 03/08/2017 à 18h33 Par Mar Bassine

#Politique
Minusca
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#Maroc : Les casques bleus marocains sont en train de payer un lourd tribut en Centrafrique. Ils sont présents dans près d'une dizaine de villes. Les incidents se multiplient surtout avec les anti Balaka un peu partout. Voici la carte de leurs interventions...


Entre les attaques des anti-balaka chrétiens et les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), les accidents et les dégâts collatéraux, les soldats marocains sont près d'une dizaine à avoir perdu la vie en Centrafrique. En fonction des localités qu'ils protègent, les dangers diffèrent. 
Centrafrique: Les casques bleus marocains, les points chauds, ville par ville
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1. Sibut: le premier soldat mort par accident

Située 185 km au Nord Est de Bangui, la capitale, Sibut est sans doute la première localité à avoir vu périr un soldat marocain su sol centrafricain. C'est ici que, le 7 septembre 2015, le jeune Adil Khtira a été victime d'un  accident de la circulation. Le jeune soldat, qui venait de célébrer son 23e anniversaire depuis tout juste un mois, y trouvera la mort. 

2. Bria: symbole de la fragilité de la paix

Cette ville est paradoxalement à la fois le symbole de la réconciliation entre frères ennemis des ex-Seleka et des anti-Balaka. Puisqu'elle a été le premier lieu pacifié. Mais en juin dernier, des affrontements ont fait une centaine de morts. C'est sans doute pourquoi le challenge est difficile pour les quelque 290 soldats de la Minusca. On y a enregistré des manifestations hostiles aux casques bleus, c'est pourquoi des soldats bangladais et gabonais ont été  appelés en renfort. 

3. Bakouma: la cité de l'uranium 

Il s'agit d'une zone qui vit essentiellement des activités minières, notamment de l'exploitation de l'uranium centrafricain, donc source de revenus et de potentiels rackets et trafics. C'est pourquoi, elle fait l'objet d'attaques régulières des ex-Séléka. Depuis le début de l'année, la quarantaine de casques bleus marocains est en état d'alerte. Pour s'y rendre, il faut parcourir pas moins de 864 kilomètres à partir de Bangui, alors que Bangassou est à 130 km. 

4. Yalinga: rebelles ougandais, ex-Seleka et soldats marocains 

Là aussi, à l'image de Bakouma, les soldats marocains sont une quarantaine. Dans cette région limitrophe du Soudan et du sud-Soudan, on ne sait jamais à quoi s'attendre. La tension qui y règne en permanence est entretenue par la guerre larvée que se livrent les ex-Seleka et les rebelles ougandais de l'Armée de libération du seigneur. Ces derniers étaient inquiétaient par l'intervention américaine, mais depuis plus deux mois, en fin avril, les "bérets verts" ont plié bagages. Ils n'ont jamais su neutraliser le chef rebelle, John Kony, dont ils étaient à la recherche. Ils ont englouti 800 millions de dollars au passage. 


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5. Nzako: lieu d'affrontements entre Seleka et anti-Balaka

Difficile pour les populations de cette zone perdue vers l'est centrafricain, un peu au nord de Bangassou. Avec les affrontements incessants entre les frères ennemis, ex-Seleka et anti-Balaka, beaucoup sont obligés de quitter leur lieu habituel de résidence. 
C'est pourquoi les quelques dizaines de soldats marocains jouent un rôle crucial pour maintenir la paix, notamment en sécurisant des voies d'approvisionnement de la ville.

6. Bangassou: tristement célèbre 

Il y a une dizaine de jours, c'est ici que le contingent marocain en Centrafrique a payé le plus lourd tribut. Ils s'appellent Hicham Amahrit, Mohamed Ait Said et Zaid Kabouz, et ont été victimes d'embuscades entre le 23 et le 25 juillets dernier, tendues par les anti-Balaka. Deux mois auparavant, ce sont Aziz Mbark et Abdeljalil El-Zaytouni qui été tués à cinq jours d'intervalles, les 8 et 13 mai, dans des attaques similaires. Ce lieu est donc le plus dangereux de la mission marocaine des Nations unies, ce qui justifie là présences de 90 soldats en permanence dans la zone. 

7. Rafai: 

Après la mort accidentelle de Adil Khetiri en 2015 à Sibut, c'est presque par accident que Khalid El Hasnaoui reçoit une balle qui ne lui était pas du tout destinée. En effet, il faisait partie des soldats marocains qui s'interposaient entre les civils et les combattants du chef rebelle ougandais, Joseph Kony. Ils voulaient protéger notamment un centre de santé qui était attaqué par l'Armée de résistance du seigneur (LRA). Ici aussi, ce sont 100 casques bleus marocains qui y sont stationnés en permanence. 

8. Zemio: une cinquantaine de soldats pour sécuriser la ville

C'est grâce à la centaine de soldats marocains que cette ville tient encore face à la violence de ses hommes en armes qui n'ont pas hésité à s'attaquer à la base de la Minusca, il y a un peu plus de trois mois. Ils n'avaient pas fait de victime, ce qu'il faut mettre au compte de l'efficacité du bataillon des Nations unies. 

9. Obo: emportés par une embuscade 

Cette ville également située dans l'Est est défendue par 50 Casques blues marocains. Deux d'entre eux ont perdu la vie le 3 janvier de cette année alors qu'ils accompagnaient des véhicules de ravitaillement en carburant. Obo est également connue pour abriter les rebelles de la LRA ougandaise. 

Le 03/08/2017 Par Mar Bassine

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