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R&D: les 5 pays africains les plus proches des Objectifs de développement durable

Mise à jour le 19/09/2016 à 13h47 Publié le 19/09/2016 à 13h32 Par Moussa Diop

#Economie
R&D
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#Maroc : Aucun pays africain n’a encore atteint l’objectif de dépense d’investissement en Recherche & développement (R&D) de 1% du PIB fixé par l’Union africaine dans le cadre des Objectifs de développement durable. Toutefois, 5 pays du continent s’en approchent, d’après les données de l’Unesco.

La Recherche & développement (R&D) est au cœur de l’innovation et de la croissance économique à très long terme. Du coup, les Objectifs de développement durable (ODD) engagent les pays membres des Nations Unies à promouvoir une industrialisation durable en augmentant leurs dépenses en R&D et le nombre de leurs chercheurs.

Et pour mesurer l’implication des pays en matière de R&D, l’Institut de statistique de l’Unesco a publié un rapport 2016 intitulé «Combien les pays investissent dans la R&D?». Un classement qui se base sur deux critères fondamentaux : les investissements en R&D et le nombre de chercheurs. L’étude a porté sur 137 pays dont 32 africains.

A ce titre, il faut rappeler que l’Afrique s’est fixé, dans le cadre des ODD, un objectif de dépenses d’investissement en R&D représentant 1% du PIB à l’horizon 2020.

Il ressort du rapport qu’aucun pays africain n’a pour le moment atteint ce chiffre. Néanmoins, cinq pays africains s’en rapprochent. Il s’agit du Kenya, de l’Afrique du Sud, du Mali, du Maroc et de l’Egypte.

En ce qui concerne le seuil de 1% fixé par l’Union africaine, c’est le Kenya qui s’en approche le plus avec des dépenses représentant 0,8% du PIB. Ces investissements ont atteint 788 millions de dollars et le pays compte 230 chercheurs par million d’habitants. Derrière le Kenya suivent quatre Etats, à savoir l'Egypte, le Maroc, l'Afrique du Sud et le Mali, avec un coefficient de 0,7%.

Toutefois, en volume d’investissement, l’Egypte est le pays qui consacre le plus d’investissement en R&D au niveau du continent avec 6,4 milliards de dollars de dépenses dont 3,75 milliards par les universités et 2,31 milliards par le gouvernement. Le pays compte 681 chercheurs par million d’habitants. Derrière l’Egypte, l’Afrique du Sud a investi 4,82 milliards de dollars dans la R&D dont 2,13 milliards par le biais des entreprises, 1,48 par les universités et 1,1 milliard par le gouvernement. Le pays compte 404 chercheurs par million d’habitants.

Au Maroc les dépenses d’investissement en R&D ont atteint 1,48 milliard de dollars tirées par les universités (697 millions de dollars), les entreprises (444 millions de dollars) et le gouvernement (342 millions de dollars). A noter que le Maroc compte 856 chercheurs par million d'habitants, soit le nombre le plus élevé au niveau du continent africain. 

Le Mali ferme la marche avec 153,36 millions de dollars d’investissement en R&D avec 29 chercheurs par million d’habitants. Le classement du Mali s’expliquant essentiellement par le faible poids de son PIB.

En tout cas, les pays africains ont encore 4 ans pour se conformer à l’objectif fixé dans le cadre des ODD.
Reste que ce classement qui se base sur les investissements et le nombre de chercheurs ne donne pas un réel aperçu sur la complexité des efforts engagés à divers niveaux par de nombreux pays en matière de R&D.

L'Afrique a néanmoins beaucoup d'efforts à faire pour s'apporcher des standards internationaux des pays développés. Au niveau mondial, ce sont les Etats-Unis (457 milliards de dollars), la Chine (368 milliards de dollars), le Japon (166 milliards de dollars), l’Allemagne (106 milliards de dollars) et la Corée du sud (74 milliards de dollars) qui se hissent au sommet du classement de l’Unesco en matière de sommes investies dans la R&D.

Toutefois, en rapportant les investissements au PIB, le top 5 mondial est dominé par la Corée du sud (4,3%), Israël (4,1%), le Japon (3,6%), la Finlande (3,2%) et la Suède (3,2%).
A noter que le Brésil domine l'Amérique latine avec des investissements en R&D représentant 1,2% du PIB. L’Inde mène le bal en Asie du Sud avec un coefficient de 0,8%.
Le 19/09/2016 Par Moussa Diop