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Union africaine. Traitement inhumain des migrants: qui a peur de dire la vérité à l'Algérie?

Mise à jour le 03/07/2018 à 18h06 Publié le 03/07/2018 à 18h05 Par Mar Bassine

#Politique
Union africaine
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#Mauritanie : C'est à se demander si les chefs d'Etat ont peur de courroucer l'Algérie, vu que la question brûlante de l'immigration a été évitée lors du sommet de l'Union africaine qui s'est clos lundi à Nouakchott.

Le sommet de l'Union africaine s'est terminé lundi à Nouakchott. Comme d'habitude, les crises et les dossiers jugés chauds ont été au centre des discussions. Le Soudan du Sud avec les frères ennemis qui s'affrontent, le Sahel que les récents attentats ramènent à l'actualité, le Sahara marocain... 

Pourtant, le sujet crucial de la migration a été éludé par l'ensemble des chefs d'Etat africains qui préfèrent adopter la politique de l'autruche face à ce drame. N'eût été Emmanuel Macron, le président français, qui a rappelé les décisions prises ou directives lors de la récente réunion des 28 à ce propos. Ainsi, l'Union européenne a clairement dit qu'elle allait essayer de trouver un accord avec l'Union africaine et l'Organisation internationale des migrations (OIM) pour le rapatriement des migrants vers leurs pays d'origine. 


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L'Union africaine n'avait pas besoin qu'Emmanuel Macron en parle pour que l'immigration soit au centre de ses préoccupations. Elle avait déjà deux bonnes raisons. La première c'est que la responsabilité des Etats, que l'on pourrait qualifier d'émetteurs de migrants, est totalement engagée. La seconde, c'est que devant le comportement choquant de l'Algérie, il fallait mettre cet Etat voyou devant les conséquences de ses actes. 

Les pays d'Afrique de l'Ouest, mais aussi ceux de la Corne de l'Afrique ne peuvent continuer à faire comme si de rien était, alors qu'ils doivent créer les conditions favorables au développement. Si des centaines de milliers de jeunes hommes et femmes sont prêts à braver le désert du Sahara et la Méditerranée, les passeurs peu scrupuleux et les miliciens en tous genres, mais aussi les forces de l'ordre algériennes et leur traitements inhumains et dégradants, c'est parce qu'ils estiment qu'il n'y a aucune perspective dans leur pays. L'échec des dirigeants sénégalais, gambiens, sierra-léonais, libériens, guinéens, maliens, nigérians ou ivoiriens est patent. 


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Il n'empêche que l'Algérie également devait être interpellée lors de ce sommet de Nouakchott qui se tient dans un contexte où mille et une révélations ont été faites par la presse internationale. Les Nations Unies elles-mêmes, par la voix de l'OIM, ont commis un rapport accablant sur les agissements des autorités de ce pays de transit devenu par la force des choses un pays d'accueil.

Dans une communication faite fin mai, l'OIM accusait l'Algérie d'être responsable de l'expulsion de plus de 10.000 migrants et de leur abandon dans le désert. C'était la première fois que cette agence des Nations Unies dénonçait, en des termes aussi clairs, le comportement des autorités algériennes en venant confirmer ce que plusieurs ONG dénonçaient depuis. 

Récemment, ce sont les organes de la presse internationale, tels que l'agence Associated Press ou le quotidien Le Monde qui ont été outrés par un tel comportement qui s'éloigne des principes qui fondent l'Union africaine. Mais, comme d'habitude, l'Union africaine semble être un syndicat de chefs d'Etat qui brille par son absence chaque fois que l'occasion lui est donnée de montrer qu'il peut défendre les intérêts des citoyens du continent. 

Le 03/07/2018 Par Mar Bassine