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#Economie

Vidéo. Mauritanie: les effets du changement de la valeur faciale de l'ouguiya suscitent des débats

Mise à jour le 27/01/2018 à 13h35 Publié le 27/01/2018 à 13h12 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Mauritanie : Plus de 3 semaines après le lancement de l'opération de démonétisation et de changement de base de l'ouguiya, le débat contradictoire continue entre ceux qui soutiennent la thèse d'une baisse de valeur à doses homéopathiques et la hausse des prix, et la banque centrale qui rejette ces allégations.

Le changement de base de la monnaie nationale mauritanienne, l’ouguiya, entrée en vigueur depuis le 01 janvier 2017, reste toujours au centre du débat en Mauritanie.

Certains, comme Moussa Fall, économiste, diplômé de l’Institution de gestion des entreprises de Paris, affiliée à la prestigieuse Sorbonne, ex cadre de la Banque centrale mauritanienne et qui a dirigé plusieurs sociétés au cours des 30 dernières années -Société mauritanienne d’Import-Export (SONIMEX), Société mauritanienne de commercialisation des produits pétroliers (SMCPP), SOMIR, Agence nationale  pour la réinsertion des réfugiés (ANAIR) et président du Conseil d’administration de la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH)- figure parmi ceux qui fustigent cette opération de démonétisation et de changement de valeur faciale de l'ouguiya.

Trois semaines après l’entrée en vigueur de la mesure, il établit un constat en mettant l'accent sur une tendance naturelle et généralisée de hausse des prix", qu'il explique par "une anticipation des opérateurs par rapport à un risque d’inflation et de dévaluation de la monnaie par saut de puce (une baisse de la valeur de l’argent qui se fait en douceur)".


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"La dévaluation est une mesure monétaire prise dans le contexte d’une économie en difficulté, avec un objectif précis et des mesures d’accompagnement. Mais ici, on va vers une espèce de dévaluation en douceur, sans objet précis, ni mesures d’accompagnement», précise-t-il.

Egalement homme politique, Moussa Fall qui est le président du Mouvement pour le changement démocratique (opposition), rappelle les nombreuses réformes entreprises par le président Mohamed Ould Abdel Aziz en fin de mandat et s’interroge sur leur véritable sens et motivation.

Balayant ces insinuations d'un revers de la main, Sidi Mohamed Ould Dhaker, directeur du Centre de pilotage stratégie et responsable de la Communication à la Banque centrale de Mauritanie (BCM), explique que "l’opération de démonétisation se déroule très bien sur toute l’étendue du territoire national plus de 3 semaines après le lancement. Les nouvelles coupures circulent en grand nombre", avant d'ajouter qu'"il n y a pas eu de hausses massives des prix, mais un phénomène de spéculation à dimension très limitée".


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Par ailleurs, sur le volet de la dévaluation, il explique que "parler de dévaluation est un non sens, dans un système de change libre. Car, par rapport au dollar, monnaie par le biais de laquelle 85% des importations de la Mauritanie sont libellées, l’ouguiya s’est apprécié entre janvier 2017 et janvier 2018. La dépréciation, c’est juste par rapport à l’euro".

Reste qu'au niveau du marché de change, ce sont toutes les devises qui se sont appréciées par rapport à l'ouguiya depuis l'annonce de l'opération de démonétisation combinée à un changement de la valeur faciale de la monnaie. Est-ce seulement sous l'effet des spéculateurs? Le temps donnera raison à l'un ou à l'autre. Une seule certitude, tout de même, cette opération a renchéri le coût de la vie à cause des spéculateurs qui ont profité de l'absence de l'Etat au niveau du contrôle des prix.
Le 27/01/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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