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Mauritanie: le DG du commerce de l’UE plaide en faveur des APE

Publié le 20/04/2018 à 13h04 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Economie
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#Mauritanie : En visite à Nouakchott, le directeur général du commerce de l’Union européenne (UE), Olivier Coupleux, s'est livré jeudi 19 avril, à un vibrant plaidoyer en faveur des Accords de partenariat économique (APE), au cours d’une rencontre avec les acteurs du secteur privé mauritanien.

Ce haut responsable a affirmé que l’Accord de partenariat économique (APE) «n’est pas seulement un cadre pour améliorer les échanges commerciaux, il permet également d’attirer les investisseurs et aide à offrir un cadre légal et stable, nécessaire aux investisseurs européens pour s’installer en Mauritanie.

Cet accord permet d’attirer les entreprises européennes qui ont la capacité de mobiliser les investissements essentiels pour développer les capacités de production et les infrastructures dont la Mauritanie a besoin pour son développement».

Donnant un exemple précis aux opérateurs économiques mauritaniens, Olivier Coupleux a cité le cas «d’une entreprise européenne prête à investir 100 millions d’euros dans une activité de valorisation du poisson. Si vous lui offrez la perspective d’importer des équipements en provenance d’Europe à tarif douanier préférentiel, vous améliorez sa compétitivité, vous augmentez son retour sur investissement tout en réduisant le coût de ses exportations. En même temps, la Mauritanie pourra bénéficier d’une valeur ajoutée sur ses produits, d’un transfert de compétences et de technologie, de la création d’emplois directs et indirects générés par cet investissement (approche gagnant-gagnant)».


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Ainsi, en favorisant l’investissement des entreprises européennes grâce à la mise en œuvre des APE, on permet également l’importation des équipements de qualité à moindre coût. Une perspective particulièrement valable pour les secteurs des énergies renouvelables, des mines, du gaz offshore, et le transfert de technologie dans ces domaines de pointe.

Par ailleurs, avec  la mise en œuvre des APE «la Mauritanie peut espérer attirer les investissements des pays du Maghreb et du proche Orient, en particulier le Maroc ou la Turquie. Grâce à sa proximité géographique et culturelle, le pays pourrait jouer un rôle de plate-forme logistique et de production pour un grand nombre d’entreprises de ces pays qui souhaitent se positionner sur le marché de la CEDEAO, tout en gardant un accès libre de douanes au marché européen. Or l’APE offre à la fois ce libre accès en Europe et un ancrage régional».


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Ex-membre de la CEDEAO, la Mauritanie est liée à cet ensemble par un accord de libre-échange, qui devrait évoluer vers un accord d’association et une possible réintégration.

Face aux opérateurs mauritaniens, le directeur général du commerce de l’UE  a également donné des précisions relatives aux restrictions, expliquant «que près de 25% des produits des catégories de produits seront exclues de la libéralisation, et c’est le cas du secteur agro pastoral et notamment des pâtes alimentaires. Ce qui signifie que la filière viande rouge est protégée de la concurrence européenne et que la Mauritanie pourrait se doter d’abattoirs modernes».


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Signalons que l’UE représente  le second marché de la Mauritanie en termes d’exportations (18,4% poissons frais congelés, métaux ferreux) et le premier fournisseur (avec 46,7% des importations, machines-outils, véhicules, équipements, produits alimentaires.

Les APE devant unir l’Afrique et l’Europe soulèvent un grand débat et suscitent une farouche opposition dans les milieux intellectuels en Afrique de l’Ouest.

L’argument le plus fréquemment utilisé par les anti-APE porte sur le risque de tuer dans l’œuf des filières industrielles locales qui ont du mal à émerger.

Le 20/04/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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