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Mauritanie: la fermeture des chaînes de télévision privée fait des vagues

Mise à jour le 01/11/2017 à 14h28 Publié le 31/10/2017 à 17h38 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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#Mauritanie : La fermeture des 5 chaînes de télévision privées pour défaut de paiement des redevances provoque des remous, et même une une levée de boucliers au sein de l'opposition.

Depuis quinze jours, cinq chaînes de télévision privées mauritaniennes n'ont plus le droit d'émettre pour défaut de paiement. Et cette interdiction fait des vagues.

Ainsi, c’est désormais une partie de la classe politique qui entend s’approprier le combat des acteurs de l’audiovisuel non public. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la publication d'un communiqué par le Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), un vaste rassemblement de l’opposition réunissant partis politiques, organisations de la société civile, centrales syndicales et personnalités indépendantes.


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Ce document dénonce "la volonté de l’État de se rendre maître absolu de l’espace audiovisuel". Le FNDU estime que "l’arrêt des émissions prive l’ensemble des Mauritaniens du pluralisme médiatique, un acquis pour lequel la plupart d’entre eux ont lutté et auquel ils sont attachés".

La déclaration du collectif de l’opposition relève aussi le monopole imposé par la Société de Télédiffusion de Mauritanie (TDM), qui ne permet à aucune des télévisions de traiter avec une société étrangère qui vend le même service, alors que certaines le fournissent au tiers du prix imposé par la société nationale.

Le fonds d’appui à la presse ne constitue pas un soutien suffisant pour supporter les frais de fonctionnement puisque presse écrite, audiovisuel et papier doivent se partager 200 millions d’ouguiyas, soit 550.000 dollars US. Par ailleurs, initié depuis 2004, le projet de loi sur la publicité n’a été adopté par le gouvernement que la semaine dernière.

Organes clochardisés

Pour Lô Gourmo, vice-président de l’Union des Forces de Progrès (UFP): «Sans aucune subvention ni allocation publicitaire effective et sûre, les télévisions privées clochardisées ont pu néanmoins jouer le rôle qui aurait dû être celui de la TVM en matière de liberté  d’expression et de droit d’accès du peuple aux informations".




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"Résultat, à la veille d’échéances électorales décisives pour une alternance démocratique en Mauritanie, une seule voix s’exprimera, celle de la TVM, la voix de son maître, poursuit-il. D’autres têtes suivront à mesure qui se rapprochera la date fatidique."  


Le 31/10/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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