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Mauritanie: après le dialogue, ira-t-on jusqu’au référendum ?

Mise à jour le 20/02/2017 à 17h33 Publié le 23/10/2016 à 13h23 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Senat
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#Mauritanie : Les Mauritaniens devraient être appelés aux urnes lors d'un référendum pour décider des suites à donner à la série de réformes sur lesquelles les partis sont tombés d’accord lors du dialogue national inclusif. Toutefois, certains pensent que la démarche n’ira pas jusqu’au bout.

La Mauritanie va vers l’organisation d’une consultation référendaire avant la fin de l’année 2016, selon la déclaration finale des assises du dialogue national inclusif organisées du 29 septembre au 20 octobre 2016.

Et pour cause, les «actes du dialogue» désignés sous l’appellation d’«Accord politique» comportent l’organisation d’un référendum en vue de l’approbation d’une série de réformes portant sur «la suppression du Sénat, la création de conseils régionaux, la suppression de la Haut cour de justice, la suppression du Haut conseil islamique et la suppression du Médiateur de la république».

Les résolutions retenues à l’issue des assises préconisent également la révision de certains symboles nationaux notamment «un rajout de deux bandeaux rouges en haut et au bas du drapeau national pour valoriser le sacrifice des martyrs de la nation et une modification de l’hymne national pour y ajouter une charge patriotique tout en conservant la portée religieuse».

Par ailleurs, les résolutions du dialogue 2016 comportent également l’organisation d’élections législatives et municipales anticipées à une date qui sera fixée après le référendum constitutionnel.

Reste que pour être soumis à un référendum populaire, ces propositions doivent d’abord recueillir l’approbation des 2/3 du parlement composé de deux chambres -Sénat et Assemblée nationale-, selon les dispositions constitutionnelles. Et réunir les 2/3 de voix favorables est loin d’être acquis. Et pour cause, les sénateurs sont quasi-unanimement opposés à la dissolution de la Chambre haute du parlement. Les sages de cette chambre, avec 56 élus, peuvent contribuer au blocage des réformes constitutionnelles proposées en espérant au moins obtenir les soutiens d’une partie des députés de l’opposition représentée au Parlement (Tawassoul, APP et AJD-MR).

En plus, les élections anticipées prévues dans le cadre de ces réformes peuvent aussi dissuader un certain nombre de députés de la majorité (UPR et alliés) qui risqueraient de perdre leur poste de député en cas d’élections anticipées. C’est dire que la pression sera forte sur les élus de la majorité présidentielle.

Or, si les 2/3 des élus du peuple ne donnent pas leur accord, le référendum ne sera pas nécessaire. Cette éventualité est à prendre en considération vu le déroulement du dialogue et surtout de l’opposition claire des membres du Sénat à la dissolution de leur Chambre,,..

Enfin, il faut souligner que beaucoup de mauritaniens ne sont pas emballés par certains changements, notamment ceux relatifs aux modifications à apporter sur le drapeau du pays et la recomposition de l'hymne national.
Le 23/10/2016 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya