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Mauritanie: FNDU, l'arrestation de Ould Ghadda démontre une crise du pouvoir

Publié le 20/08/2017 à 10h33 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Fndu

Des dirigeants de l'opposition mauritanienne.

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#Mauritanie : L'arrestation de Mohamed Ould Ghadda témoigne d'une profonde crise au sein du pouvoir en Mauritanie après l'échec du référendum constitutionnel du 5 août dernier, estime le Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU). Les explications.

Le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU, un collectif composé de partis politiques, organisations de la société civile, centrales syndicales et personnalités indépendantes) explique l’arrestation du sénateur Mohamed Ould Ghadda, par une profonde crise au sein d’un pouvoir plongé dans une ambiance de fin de règne, à travers une déclaration rendue publique samedi.

Le Parquet général près la Cour suprême de Mauritanie a annoncé vendredi soir, l’arrestation de l’ancien sénateur Mohamed Ould Ghadda, dans le cadre d’une enquête préliminaire relative à des «crimes transfrontaliers et des actes visant à perturber la sécurité et la tranquillité publique».

Pour le FNDU, cette déclaration «est une vaine tentative de détourner l’attention de l’opinion publique de la crise dans laquelle se débat le pouvoir, laquelle s’aggrave de jour en jour, suite à un échec politique patent, du fait du boycott par le peuple mauritanien, de sa parodie de référendum, sur l'ensemble du territoire national».

Ainsi, incapable de trouver des solutions appropriées pour les problèmes auxquels font face les populations, le pouvoir se lance «dans une fuite en avant qui risque de mener vers l’inconnu», à travers un exercice consistant «à fabriquer des accusations infondées et à monter des complots imaginaires, méthode qui a toujours constitué l’ultime recours des pouvoirs autocratiques pour justifier leurs crimes contre la démocratie et les libertés».

Le FNDU estime en effet que « l’arrestation du sénateur Mohamed Ould Ghadda n’est pas un acte isolé.


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Car, elle rentre dans le cadre de la politique répressive du pouvoir qui a ramené le pays aux périodes des lois martiales à travers l’étranglement des libertés, l’interdiction des manifestations des partis politiques légalement reconnus et des protestations  pacifiques des jeunes et des femmes et la volonté d’étouffement de toutes les voix qui s’élèvent contre les injustices et les dérives du pouvoir personnel».

La déclaration rappelle que le sénateur Mohamed Ould Ghadda «est un opposant qui défend haut et fort ses positions politiques et qui a tissé des relations fortes avec tous ses compatriotes  partageant ses opinions et positions politiques » et que « les menaces et accusations gratuites du pouvoir ne peuvent en aucun l’intimider».

Cet ancien sénateur était en pointe dans le combat contre la suppression du sénat devenue effective après le référendum constitutionnel du 5 août  dernier.


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Mohamed Ould Ghadda présidait également une commission du Sénat chargée de mener des investigations sur des marchés de gré à gré octroyés à des personnalités présumées proches du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Son arrestation serait en rapport avec un incident au cours duquel le chef de l’Etat mauritanien a été victime d’un tir par erreur «une balle amie» en octobre 2013.

Une thèse officielle que l’ancien sénateur tenterait de remettre en cause à travers les enregistrements d’un témoignage diffusés sur les réseaux sociaux. 
            
Le 20/08/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya