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Rétro 2017. Mauritanie: tumultueux changement constitutionnel et un nouveau drapeau

Publié le 20/12/2017 à 18h29 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
manifestation mauritanie

Une manifestation contre le changement de constitution à Nouakchott.

#Mauritanie : L'année politique 2017 en Mauritanie a été marquée par l'adoption d'un projet de révision constitutionnelle supprimant le sénat, instaurant des conseils régionaux et modifiant les symboles nationaux. Une réforme dénoncée par l'opposition qui crie à une tentative de réécriture de l'histoire.

Le fait politique marquant de l’année 2017 en Mauritanie aura été l’organisation d’un référendum constitutionnel le 5 août dernier, sur la base d’un article 38 de la loi fondamentale controversé. Une consultation populaire boycottée par l’opposition regroupée au sein du G8, une coordination composée de huit partis politiques, des organisations de la société civile et des personnalités indépendantes.

Partant d’un fichier de 1,4 million d’électeurs inscrits, la Commission électorale nationale (CENI) a annoncé une large victoire du oui (85,61%) et un taux de participation de 53,75%, au moment où les détracteurs du pouvoir dénonçaient «une fraude en quantité industrielle». Ces résultats ont été validés quelques jours plus tard par le conseil constitutionnel.

La conséquence de ce nouvel épisode de l’histoire de la Mauritanie est la suppression du sénat, ancienne chambre haute du parlement bicaméral, la création de conseils régionaux et le changement des symboles nationaux, drapeau et hymne.


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La nouvelle bannière conserve les anciennes couleurs, un croissant à l’étoile jaune sur fond vert, auxquelles s’ajoutent désormais deux bandes rouges en haut et en bas «pour symboliser le sang versé par les martyrs» qui ont mené la résistance contre la pénétration coloniale. Quant au nouvel hymne national, l’Egyptien Rajih Sami Daoud en a composé la mélodie tandis que les paroles rendent hommage aux «héros nationaux».

L’opposition, qui a boycotté le référendum, avait appelé à une journée «pays mort» le jour du vote. Elle refuse de reconnaître les résultats d’une consultation organisée «en violation des articles 99,100 et 101 de la Constitution du 20 juillet 1991» qui tracent la voie de la procédure de révision constitutionnelle.

Ainsi, de nombreux analystes perçoivent l’adoption du projet de révision constitutionnelle du 5 août comme un épisode politique ayant provoqué «une véritable déchirure» au sein du pays et «un coup dur pour la cohésion nationale». Illustration en cette fin d’année marquée par une espèce de «guéguerre» des bannières et l’arrestation de jeunes activistes pour avoir brandi l’ancien drapeau national au cours d’une marche organisée par le G8.
 
Le 20/12/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya