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Mauritanie: violente répression d'une manifestation en faveur de la libération d'un leader anti-esclavagiste

Mise à jour le 10/10/2018 à 11h38 Publié le 09/10/2018 à 16h39 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
IRA

#Mauritanie : L'Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) annonce que 9 de ses militants ont été blessés suite à la violente répression d'un sit-in à Nouakchott. Les manifestants exigeaient la libération du député Biram Dah Ould Abeid, président de cette ONG et nouveau député au Parlement.

L’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA, une ONG anti-esclavagiste) dénonce la brutalité des forces de l’ordre qui ont réprimé une manifestation exigeant la libération du nouveau député Biram Dah Ould Abeid, président de l'IRA. La manifestation, organisée hier après-midi a eu lieu à l’occasion de la première session ordinaire de la nouvelle assemblée nationale de Mauritanie.

A travers une déclaration rendue publique hier soir, l’organisation a publié une liste comportant les noms de neuf militants blessés, parmi lesquels l’épouse du détenu.

Ces personnes désarmées "ont été attaquées par des unités de police armées jusqu’aux dents et se sont toutes retrouvées aux urgences de l’hôpital national", précise le communiqué de l'IRA. 


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L'IRA va plus loin et «proteste vigoureusement contre la barbarie dont ont été victimes [ses] militants dans le cadre d’un sit-in pacifique, appelle l’ensemble de ses partisans à rester mobilisés pour le droit et exige l’ouverture d’une enquête en vue d’identifier les auteurs et situer les responsabilités dans ce recours à une violence aveugle».

Biram Dah Ould Abeid est détenu à titre préventif depuis le 13 août dernier, à la suite d’une plainte pour «menaces et violence» déposée par un journaliste que l'IRA qualifie d'agent des renseignements.


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Le président de l'IRA a été élu député sur la liste nationale de l’alliance Sawab/RAG à l’occasion des législatives du 1er septembre dernier.

Le cas de ce leader anti-esclavagiste et candidat malheureux à la présidentielle de 2014 se retrouve aujourd’hui au centre d’un véritable débat judiciaire. En vertu de l’article 51 de la constitution, le bureau de l’assemblée dont il est membre, a le pouvoir de demander la suspension des poursuites et sa remise en liberté.

Toutefois, cette disposition a peu de chances d'aboutir, car le parti au pouvoir dispose d'une majorité absolue au sein de l'hémicycle et peut ainsi aisément s'opposer à la libération de Biram Dah Ould Abeid. 
  
    
 
Le 09/10/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya