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La polémique autour «d’un deal» présumé entre AQMI et Nouakchott ne faiblit pas

Publié le 14/03/2016 à 14h02 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
Aqmi
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#Mauritanie : Les révélations de l’agence Reuter sur un éventuel deal entre la Mauritanie et Al-Qaïda suscitent des réactions diverses. Les autorités mauritaniennes démentent sans toutefois convaincre et encore moins les pays voisins.

Plusieurs jours après, les révélations d’une dépêche de l’agence Reuter, attribuant au gouvernement américain la découverte de documents attestant d’un accord de non agression en phase d’être signé entre les autorités mauritaniennes et la nébuleuse terroriste Al Qaida, par les forces spéciales dans la cachette de Ben Laden, continuent à susciter la polémique.

Les détails du «deal» révélé par l’agence Reuter évoquent la possibilité de versement d’une rançon annuelle de 10 à 20 millions d’euros, à verser au mouvement terroriste et la libération de détenus djihadistes, pour éviter les attaques et les prises d’otages sur le territoire mauritanien.

La polémique enfle avec son exploitation par l’opposition mauritanienne et déborde les frontières nationales, avec la déclaration vendredi à Bamako, d’un haut responsable du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation (MID), Hamada Ould Meimou.

S’exprimant en marge d’une réunion du G5 à Bamako, appuyée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en vue «d’élaborer une stratégie sécuritaire», Ould Meimou est revenu sur «ces allégations sans fondement qui ne méritent aucune réponse», ajoutant que «la Mauritanie a toujours appliqué une option claire dans la lutte contre le terrorisme à travers une stratégie de sécurisation du territoire national et rejette toute idée de paiement de rançon aux groupuscules terroristes».

Le pouvoir de Nouakchott est considéré par les puissances occidentales comme un allié dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Après avoir subi des attaques meurtrières d’AQMI en juin 2005, l’armée mauritanienne est passée à l’offensive au cours de l’année 2010 poursuivant AQMI en territoire malien.

Depuis, une certaine sécurité s’est installée au niveau des frontières mauritaniennes. Reste à savoir si cette accalmie s’explique par le renforcement de la sécurité au niveau des frontières mauritanienne ou bien résulte t-elle d’un deal avec l’AQMI.

Le 14/03/2016 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya