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La fièvre de l’or gagne la Mauritanie

Publié le 24/04/2016 à 13h02 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
ruée vers l'or
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#Mauritanie : La ruée vers l’or est autorisée. Des milliers de Mauritaniens se sont précipités devant les locaux de la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier (SMHPM) à Nouakchott pour obtenir un permis de recherche. Les boutiques vendant du matériel de recherche sont en rupture de stock.

C’est demain lundi 25 avril 2016 qu'entrera en vigueur la nouvelle réglementation autorisant les citoyens mauritaniens à mener des activités d’exploration de l’or, d’après une déclaration faite par le ministre du Pétrole, de l’énergie et des mines, Ahmed Salem Ould Béchir.

L’imminence de la mise en œuvre de la décision gouvernementale est à l’origine d’une fièvre enregistrée chez les citoyens, déterminés à s’engager dans une ruée vers l’or qui leur permettrait un hypothétique enrichissement rapide. Selon la nouvelle réglementation, «pour l’obtention de l’autorisation de prospection, toute personne désireuse de mener cette activité doit verser un montant de 100.000 ouguiyas (un peu moins de 300 dollars) et limiter son action à la zone indiquée».

Selon cette réglementation, «toute violation des règles de procédure engendrera des sanctions, dont une amende de 500.000 à 1 million d’ouguiyas par jour et d’autres poursuites au niveau pénal assorties d’un placement en détention allant de 1 à 3 mois et la saisie du corps de l’infraction».

En ces temps de baisses des recettes budgétaires, sous l’effet de la chute des cours miniers et du pétrole, l’Etat mauritanien trouve une nouvelle source de recettes.

Ainsi, ce vendredi 22 avril, une file de plusieurs centaines, voire milliers de candidats à la délivrance d’une autorisation, s’est formée spontanément devant les locaux de la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier (SMHPM) dans le quartier de l’ilot K. Chacun espérant bénéficier du fameux sésame lui autorisant d’effectuer la recherche d’or.

Parallèlement, toutes les boutiques de vente de matériel de détection des métaux précieux ont été prises d’assaut par les candidats à l’exploration de l’or. Du coup, ces points de vente qui s’approvisionnent des pays du Golfe sont aujourd’hui en rupture de stock.

Une fois les autorisations obtenues, ce sont des centaines voire des milliers de Mauritaniens qui vont s’engager dans cette ruée vers l’or au niveau de la région de l’Inchiri (Nord), située à environ 300 km au nord de Nouakchott en plein désert mauritanien. Une région où Tasiast, filiale aurifère du groupe canadien Kinross exploite une mine d’or et qui, selon plusieurs sources, serait une région aurifère riche.

Avec l’ouverture de l’exploitation du métal jaune aux citoyens, la Mauritanie rejoint d’autres pays de la région comme le Sénégal, le Mali, la Guinée, le Burkina Faso où des orpailleurs exploitent des mines d’or. Seulement, le désordre qui règne dans ces exploitations et son corollaire de violences et d’accidents doivent pousser les autorités mauritaniennes à plus de vigilance et non pas seulement se contenter d'encaisser des recettes liées aux autorisations octroyées. 

Le 24/04/2016 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya