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Mauritanie: arrestation du plus actif des sénateurs frondeurs contre Ould Abdel Aziz

Mise à jour le 14/05/2017 à 13h10 Publié le 14/05/2017 à 12h58 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
Sénateur Ould Ghadda
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#Mauritanie : Chef de file informel de la fronde des sénateurs contre le projet de réformes constitutionnelles défendu par le pouvoir, Mohamed Ould Ghadda a été arrêté à la suite d'un dramatique fait divers. Une partie de la presse déplore "la violation de son immunité".


Mohamed Ould Ghadda, un sénateur  farouchement opposé au projet de réformes constitutionnelles proposées par le pouvoir de Nouakchott et très actif dans le combat pour leur rejet, est en état d’arrestation depuis vendredi 12 mai.

Cet élu, homme d’affaires dans la ville civile, issu du même ensemble tribal que le président Mohamed Ould Abdel Aziz,  a été placé en garde à vue par la gendarmerie «sur ordre venu d’en haut» à la suite d’un dramatique accident de circulation. Sa voiture a heurté de plein fouet deux femmes sur la route Nouakchott/Rosso, tuant une d’elles sur le coup et blessant gravement la seconde.

Les gendarmes auraient procédé au retrait des téléphones cellulaires du sénateur à son isolement. Une partie de la  presse locale perçoit ce dramatique événement comme «une aubaine pour le pouvoir qui pourrait ainsi se débarrasser d’un adversaire irréductible,  en dépit de son immunité parlementaire,  dont il n’est apparemment pas tenu compte dans le traitement de cette affaire» se désole le site mauriweb.


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Cependant, un  spécialiste du droit pénal met  un gros bémol à cette analyse, en faisant  remarquer « que les infractions commises en situation de flagrant représentent une cause suspensive de  l’immunité».

Voilà néanmoins un fait divers qui pourrait réduire au silence l’élu qui apparaît, à titre informel,  comme le chef de file des 33 sénateurs ayant rejeté le projet de réformes constitutionnelles défendu par le pouvoir, le 17 mars dernier.

Cet élu  évoquait également  la perspective de traîner le président Mohamed Ould Abdel Aziz devant la Haute Cour de Justice (HCJ), dont le projet de réformes prévoit la suppression.

Le 14/05/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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