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Sénégal: Mecque et Qods, controverse autour des propos blasphématoires d’un ex-Premier ministre

Mise à jour le 25/05/2018 à 12h21 Publié le 25/05/2018 à 12h16 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Economie
L'ancien Premier Ministre Idrissa Seck

L'ancien Premier ministre Idrissa Seck.

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#Sénégal : Les propos récents d'Idrissa Seck, président du parti «Rewmi»-opposition, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2019, et ancien Premier ministre, au sujet du statut de la Mecque et d'Al Qods, suscitent une énorme controverse au Sénégal et dans le monde arabo-musulman.

Ancien maire de Thiès, double candidat malheureux aux présidentielles de 2007 et 2012, Idrissa Seck, grande figure politique, est également présenté comme le premier «transhumant» confrérique du Sénégal, car l’homme est passé de Tijane à Mouride alors que son âge filait tout droit vers la soixantaine.

Idrissa Seck est accusé d’avoir soutenu une thèse selon laquelle la Mecque ne serait pas forcément le lieu appropriée pour le pèlerinage. Une sortie suivie d’un concert de réactions désapprobatrices.

Les premières salves sont venues de Mamadou Bamba NDiaye, ex-ministre sous le règne du président Abdoulaye Wade, qui a récemment rallié «le Macky», terme désignant le camp présidentiel, et Sidi Lamine Niasse, PDG du Groupe Walfadjri et éternel pourfendeur du régime de Dakar, soutenant la thèse de «l’apostasie» du président de Rewmi, qui aurait ainsi remis en cause des passages du Saint-Coran.


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Sentiment d’indignation  identique de la part d’un collectif d’oulémas du Sénégal exigeant des excuses publiques de la part de l’ancien d'Idrissa Seck.

Quant à Baye Mamoune Niasse, dignitaire religieux de Kaolack (centre du pays), petit-fils de Cheikh Ibrahima Niasse, il a formellement invité Seck à un débat télévisé «pour démonter ses propos pièces par pièces».

Ce concert de désapprobation est allé bien au-delà des frontières du Sénégal, avec des condamnations officielles venues d’Arabie Saoudite et d’Egypte.

On note aussi cette déclaration de l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), rendue publique mercredi, et «condamnant fermement des propos indignes d’un ancien Premier ministre, candidat à une élection présidentielle dans un pays membre de l’ISESCO».

Cette organisation «invite le gouvernement du Sénégal à prendre une position ferme face à des propos qui véhiculent le mensonge et appellent à la haine, dont l’objectif est de remettre en cause des vérités intangibles confirmées par le saint Coran et la Sunna du prophète Mohamed (PSL)».


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Pour sa part, Fathi Abderahmane Ahmed Hiujazi, de l’Université Al Azhar du Caire, a dit qu'Idrissa Seck a tort de soutenir pareille thèse: «Dieu, le très haut, a créé la Mecque, la première mosquée et l’a érigé comme un lieu pour les anges autour duquel ils tournent. Lorsqu’Adam a été créé, il a tourné autour de la Kaaba pour une durée de 40 ans. Après la création de la Kaaba, Dieu a créé la mosquée Al Aqsa. Ceci a été rapporté par le Prophète Mohamed (PSL)».
Le 25/05/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya