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Macky Sall dénonce une perception «artificielle» du risque en Afrique

Publié le 14/03/2016 à 15h24 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

#Economie
Macky Sall

Macky Sall, président du Sénégal.

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#Sénégal : «Il n’y a aucun risque d’investir en Afrique». Telle est la conviction du président sénégalais, qui a dénoncé, à l’ouverture des «Rencontres économiques de Dakar», les conditions draconiennes souvent imposées au pays africains dans le marché des capitaux.

La conviction de Macky Sall, c’est qu’il n’y a pas un seul pays africain en défaut de paiement. C’est pourquoi, il s’étonne des conditions «léonines» que l’on impose aux pays africains pour accéder aux financements et au marché des capitaux.

«Nous devons lutter contre les conditions artificielles des risques en Afrique. En réalité, il n’y a aucun risque puisqu’il n’y a aucun partenaire qui se plaint de n’avoir pas été remboursé de sa dette par un pays africain.

Où se situe donc le risque pour qu’on impose à nos pays de payer quatre fois plus cher», s’est interrogé le président sénégalais lors de l’ouverture de la première édition des «Rencontres économiques de Dakar», ce week-end.

Macky Sall plaide pour une simplification des formalités et des procédures dans le respect des règles de la bonne gouvernance. Autrement dit, il va falloir imaginer les procédures qui respectent les préoccupations de transparence, mais qui ne bloquent pas l’activité économique des Etats et des entreprises en Afrique.

Toutefois, à son avis, l’Afrique a plus besoin de partenariat que d’aide publique «qui ne peut en aucune manière régler les besoins des économies des pays africains». Il rappelle que le développement de l’Afrique incombe d’abord aux Africains.
Cependant, «il ne peut y avoir de croissance, ni de développement sans la paix et la stabilité».

Commentant le taux de croissance de 6,5% (au titre de l’année 2015, le plus élevé qu’a connu le pays depuis douze ans) que vient de confirmer la mission du FMI, le président Sall estime qu’il n’est pas le fruit du hasard, mais d’un investissement «bien ciblé» dans les secteurs de l’agriculture et des infrastructures.

Pour maintenir et consolider cette croissance autour des 7% jusqu’à l’horizon 2035, comme le prévoit le PSE, le chef de l’Etat sénégalais insiste sur la nécessité de poursuivre les objectifs en termes d’électrification rurale, de construction de routes et de pistes rurales, de modernisation de l’agriculture, etc.

Il promet aussi une législation très rigoureuse pour une gestion transparente des revenus issus des secteurs minier et (demain ?) pétrolier.

Le 14/03/2016 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo