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Sénégal: 22 notaires en attente d'être intégrés, face au lobbying des anciens

Mise à jour le 01/02/2019 à 10h12 Publié le 01/02/2019 à 10h10 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Economie
Les notaires sans charge

Les notaires sans charge

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#Sénégal : Ils sont 22 notaires à avoir été admis au concours de 2013, à attendre encore leur intégration dans la profession. Une première manche de leur âpre combat vient d'être remportée. En Conseil des ministres, le projet de décret portant création de sept nouvelles charges vient d'être retiré...


Le projet de décret portant création de sept nouvelles charges de notaire, qui avait poussé les 22 notaires non encore titularisés à manifester, n’a finalement pas été présenté en Conseil des ministres.

Cependant, le dur combat de ces 22 notaires, en attente d'être titularisés, n'est pas gagné d'avance, puisque les 35 notaires que compte le Sénégal, et qui ont pignon sur rue, avec une étude en bonne et due forme, refusent catégoriquement que la concurrence s'intensifie.

C'est pourquoi, et de manière tout à fait officieuse, l'ordre des notaires fait tout ce qui est en son pouvoir pour que ces diplômés, ayant obtenu leur diplôme voici déjà six ans, n'entrent pas tous immédiatement dans la profession.

Alors que le gouvernement comptait intégrer six d'entre eux dans un premier temps, lundi dernier, ces 22 notaires non encore titularisés par l'Etat avaient menacé de brûler leur diplôme devant le palais de la République, si le gouvernement maintenait sa décision de les laisser en rade.

Des contestations virulentes, que tient à éviter le gouvernement à tout prix, dans un contexte de campagne électorale, pour la présidentielle du 24 février 2019.


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Les 22 notaires non encore titularisés sont même allés beaucoup plus loin. Maître Christophe François Diouf, l'un d'entre eux, a en effet déclaré que des correspondances seront envoyées "aux partenaires techniques et financiers [de l'Etat du Sénégal, Ndlr], notamment la Banque mondiale, l’Organisation des Nations Unis (ONU) et le Fonds monétaire international (Fmi)". 

"Nous disposons d’informations explosives. Si le gouvernement persiste, nous les mettrons sur la place publique. Nous lui [le président de la République, Ndlr] donnons 48 heures de réflexion. Ce délai dépassé, nous passerons à l’acte. Ils veulent nous sacrifier. Nous ne nous laisserons pas faire", a-t-il également menacé.

Ces 22 notaires sans charge, qui avaient réussi en 2013 le concours d'entreé à la profession, maintiennent donc leur pression sur le Gouvernement.

"Nous avons appris de sources proches du ministère de la Justice que le projet de décret a été retiré de la table du Conseil des ministres. Le gouvernement a reculé sur ce point. Nous l’avions dénoncé avec toute notre énergie, entraînant même notre arrestation au niveau du commissariat de police de Plateau puis relâchés", a expliqué Me El Hadj Mansour Diop, coordonnateur de ce collectif form par ces jeunes notaires. 


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Ses camarades et lui ont momentanément suspendu leur mouvement, mais leur menace de "brûler leurs diplômes" tient toujours, si rien n’est fait pour leur intégration dans la profession.

A l’image de leur coordonnateur, ces 22 notaires dénoncent le "lobbying" de certaines personnalités pour qu’ils ne soient pas intégrés dans leur profession, semblent plus que jamais déterminés à obtenir gain de cause.

"Nous avons des informations sûres et fiables [sur] ces sources de blocage. Nous savons pourquoi ils refusent de créer ces 32 nouvelles charges", a d'ailleurs ajouté Me El Hadj Mansour Diop

Et ce notaire en attente d'exercer son métier depuis à présent six longues années d’ajouter: "nous ne cherchons pas seulement le retrait du projet, mais notre intégration dans la corporation. Nous cherchons l’autorisation d’exercer officiellement notre profession. Elle se fait par un décret qui n’entraine aucune charge à l’Etat". Face au lobbying des anciens, ce discours est limpide... 


Le 01/02/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé