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Le parti socialiste se déchire sur le référendum

Publié le 07/03/2016 à 12h16 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

#Politique
Tanor Dieng

Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général du parti socialiste sénégalais.

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#Sénégal : Le Parti socialiste (PS) sénégalais est au bord de l’implosion. Les responsables sont profondément divisés sur la position du parti vis-à-vis du référendum constitutionnel du 20 mars prochain. Deux clans s’opposent : celui du secrétaire général Ousmane Tanor Dieng et celui de Khalifa Sall.

La réunion du Bureau politique du Parti socialiste (PS) sénégalais, ce samedi 5 mars, à la Maison du parti, pour statuer sur sa position quant au référendum du 20 mars 2016, a été émaillée de violences.

En effet, après une communication du secrétaire général, Ousmane Tanor Dieng, de jeunes militants déchainés ont envahi la salle pour interrompre la réunion en caillassant les vitres. Ousmane Tanor Dieng (OTD) a dû être exfiltré de la salle.

Ces violences, loin d’être anodines, sont le révélateur de la crise que traverse actuellement l’ancienne formation de Senghor et d’Abdou Diouf, qui a exercé le pouvoir de 1960 à 2000.

Le clivage est de plus en plus net entre le secrétaire général du parti, Ousmane Tanor Dieng (OTD), toujours fidèle à son compagnonnage avec Macky Sall, et le maire de Dakar Khalifa Sall, qui est en conflit ouvert avec le pouvoir et que ses partisans présentent comme le candidat idéal du PS face à Macky Sall pour la prochaine présidentielle.

D’ailleurs, c’est la position de Tanor, qui a appelé à voter en faveur du projet de révision constitutionnelle proposé par Macky Sall qui a fait déborder le vase. Certains responsables du parti, dont Khalifa Sall ou encore Aïssata Tall Sall, sont ouvertement opposés à ce mot d’ordre. Ils accusent OTD de vouloir sacrifier l’intérêt du parti qui, selon eux, aspire à reconquérir le pouvoir, en faveur de ses intérêts particuliers (ses bons rapports avec Macky Sall).

Pour ne rien arranger à la situation, certains responsables de l’Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall, appellent à l’exclusion du PS du gouvernement depuis que le Bureau politique de celui-ci s’est prononcé pour la présentation d’un candidat socialiste en 2019, alors qu’il est comptable de la gestion de l’actuel gouvernement.

Khalifa Sall accuse, pour sa part, le gouvernement de lui mettre les bâtons dans les roues pour l’empêcher de réaliser ses projets de modernisation de Dakar et d’accroitre ainsi son capital politique.

Après les violences du 5 mars, le Bureau politique s’est réuni de nouveau, ce dimanche 6 mars, sous haute sécurité, et sous la présidence de Ousmane Tanor Dieng, mais en l’absence de Khalifa Sall et d’Aïssata Tall Sall, pour examiner l’ordre du jour interrompu la veille.

«A l’unanimité», il invite les militants à voter massivement «oui» le 20 mars prochain, considérant que «les  mesures contenues dans le projet de révision constitutionnelle sont conformes aux conclusions des Assises nationales et/ou à celles de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI), même si elles sont en deçà des propositions de réforme constitutionnelle de notre Parti».
Cet appel sera-t-il entendu par tous les militants socialistes? En tout cas, le porte-parole adjoint du PS, Me Moussa Bocar Thiam, a menacé d'exclusion tous les militants qui voteront «non».

Le 07/03/2016 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo