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Vidéo. Sénégal: la situation pré-électorale est en train de dégénérer

Mise à jour le 26/01/2019 à 10h17 Publié le 26/01/2019 à 10h13 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
Des manifestations après l'invalidation de la candidature de Khalifa Sall et de Karim Wade
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#Sénégal : Les jeunes de l’opposition ont affrontés les policiers ce vendredi après-midi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ils ont bravé l’interdiction de leur manifestation et mis à exécution leur promesse de tour faire pour imposer leur candidat.


Pour empêcher cette manifestation, les forces de l’ordre ont, comme à leur habitude,  balancé des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc en direction de jeunes qui étaient regroupés au campus universitaire. Ces derniers ont riposté par des jets de pierres. Il s’est ensuivi des affrontements qui ont perturbé la circulation sur l’Avenue Cheikh Anta Diop de Dakar.

Comme à la veille des élections présidentielles de 1988, 1993, 2000, 2007 et 2012, la tension monte petit à petit entre le pouvoir et l’opposition.

Cette tension est accentuée par les actes de vandalisme perpétrés au siège du parti «Pastef» d’Ousmane Sonko, dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 janvier 2018.


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Dans la nuit du mercredi au jeudi, «c’est vers 2h du matin que des nervis  encagoulés, armés de machettes, se sont introduits au siège (de Pastef) pour détruire, téléviseurs, ordinateur et tout matériel de bureau», a dit Abass Fall, Coordonnateur du Pastef à Dakar. Dans leur retrait, les malfaiteurs ont aussi emporté des téléphones portables.
 
Avec des déclarations plus provocantes et rageuses dans un camp que dans l'autre, les religieux, craignant un basculement dans la violence, ont plusieurs fois appelé les hommes politiques à de la retenue. 



D’un côté, les partisans du candidat sortant à la présidentielle prévue le 24 février 2019 jouent à faire peur aux adversaires de Macky Sall. De l’autre, les dirigeants de l’opposition n'entendent pas se laisser faire et ont promis de ne pas laisser Macky Sall battre campagne.

Même si de tels actes sont à bannir, les multiples déclarations dans les deux camps ne présagent pas des élections libres, calmes et transparentes, au soir du 24 février 2019.

La décision du Conseil constitutionnel de recaler 20 candidats suite aux vérifications faites sur les fiches de parrainage et d’invalider les candidatures de Karim Wade et de Khalifa Sall  est venu donner d’autres motifs d’inquiétudes aux citoyens sénégalais.


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Devant ces décisions du Conseil Constitutionnel que leurs avocats ont qualifié de «forfaiture», les partis de l’opposition ont réaffirmé leur engagement à se battre jusqu’au bout pour «rétablir la démocratie». Et le fait n’est pas nouveau. Ils ont toujours dénoncé la manière dont le pouvoir a géré le processus électoral depuis le début.

L’opposition, réunie au sein du Collection des 25 candidats (C25), avait d’ailleurs convoqué une conférence de presse, le 21 janvier dernier, au siège du parti Bokk Gis Gis. Et même les leaders de l’opposition dont les candidatures ont été retenues comme Ousmane Sonko, Idrissa Seck du «Rewmi», El Hadj Issa Sall du PUR et Madické Niang de la «Coalition Madické Niang», avaient accusé le Conseil Constitutionnel de toujours se plier à la volonté de l’APR, le parti au pouvoir et de  celles de ses alliés de «Benno Bokk Yaakar». 

Ils avaient ainsi invité  les Sénégalais à ne pas reconnaitre la candidature de Macky Sall». Et pour y arriver, les membres du C25 ont promis de mettre en place «des comités de résistance» dans toutes les localités du Sénégal.

Pour faire face à la détermination de l’opposition, certains proches de Macky Sall ont multiplié les déclarations pour lever le voile sur leur stratégie.

Dans une interview accordée au quotidien «Source A», Mame Mbaye Niang, ministre du tourisme, a déclaré avoir pris toutes les dispositions pour faire face à la volonté de l’opposition de vouloir saboter la campagne électorale du candidat Macky Sall.

«Je ne parle pas des forces de défense et de sécurité, qui n’agissent pas sous la dictée de Bennoo Bokk Yaakaar. Je fais allusion plutôt aux gros bras que la mouvance présidentielle a recrutés, comme l’a fait l’opposition. On ne s’en cache pas», a-t-il déclaré. «Moi, personnellement, j’ai fini de recruter des éléments qui n’attaqueront personne en premier, mais qui sont enclin à appliquer la loi du Talion à tous les esprits bornés qui songeront à vouloir empêcher notre candidat Macky Sall de battre campagne», a-t-il conclu.

Cette déclaration a été critiquée par la société civile sénégalaise qui l’a jugée «indigne d’un ministre de la République».



De leur côté, les jeunes de l’opposition accusent aussi Macky Sall de vouloir faire un coup de force pour rester au pouvoir. Mais, préviennent-ils, «Nous ne reconnaitront pas Macky Sall comme président de la République s’il est proclamé gagnant du scrutin du 24 février prochain par le Conseil Constitutionnel», ont-t-il déclaré. Toussaint Manga, patron de l'Union des jeunes travaillistes libéraux et ses camarades de l’opposition se disent, eux aussi, prêts à employer la méthode forte pour régler leurs comptes aux jeunes de l’APR de Macky Sall.


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Dans la foulée, Omar Faye de Léral Askan Wi, également de l'opposition, dit aussi disposer de 500 «Baye Fall» (des disciplines souvent armés de gourdins, Ndlr) pour réduire à néant toute attaque perpétrée par les «Marrons du feu» de l’Apr, le parti présidentiel. Comme le prédisent alors la plupart des observateurs politiques, la présidentielle du 24 février prochain sera l’une des plus discutées de l’histoire politique du Sénégal
Le 26/01/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé