Fermer

Sénégal: l’ONG Jamra invite Macky Sall à respecter la loi et à désarmer les milices privées

Mise à jour le 27/01/2019 à 14h56 Publié le 27/01/2019 à 14h54 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
La milice de MAcky Sall

La milice de Macky Sall, les Marrons du feu, sont armés de machette.

© Copyright : DR

#Sénégal : Les milices privées pullulent au Sénégal, dans un contexte pré-électoral marqué par de fortes tensions dans plusieurs villes et quartiers du pays. Les Bureaux exécutifs des ONG JAMRA et MBAN GACCE dénoncent la «prolifération» de ces polices privées, interdites par la loi, qui menacent la sécurité.


Rien qu’à entendre leurs noms, les citoyens sénégalais sont outrés. «Marrons du feu», «Calots bleus», «Soldats de Dieu», ces milices privées, crées par des hommes politiques sénégalais pour veiller à leur sécurité, et au besoin pour mater le camp adverse, commencent à constituer une sérieuse menace pour les citoyens.

L’ONG JAMRA a donc décidé d'alerter l'opinion publique avant qu’il ne soit tard. La mesure la plus urgente pour l’Etat, declare cette ONG, dans un communiqué transmis à la presse, est de «désarmer et dissoudre toutes les milices privées existantes».


>>>LIRE AUSSI: Vidéo. Sénégal. Les pro-Macky Sall recrutent des nervis pour mater l'opposition

Selon le président de cette ONG, Mame Mactar Guèye, et de ses camarades, il faudra interdire «la constitution de toutes formes de polices parallèles, pour ne redonner l’exclusivité de la sécurisation des élections qu’aux dépositaires légaux de l’autorité publique, à savoir: la Police, la Gendarmerie, l’Armée. Les seuls corps constitués auxquels la Constitution confère le privilège de l’usage de la force, pour la sauvegarde de l’État de droit et pour que force reste toujours à la Loi».

Pour éviter que ce qui s’est passé au siège du parti «Pasteef» d’Ousmane Sonko, dans le quartier Yoff, ne se reproduise dans d’autres permanences, JAMRA propose que des Agents de sécurité de proximité (ASP) y soient affectés. Et ceci, durant toute la période de la campagne électorale, pour les élections présidentielle qui auront lieu le 24 février 2019.

Rappelons que le siège du parti «Pasteef» du candidat Ousmane Sonko, qui venait d’être inauguré le même jour, a été saccagé par des hommes encagoulés, dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 janvier 2019.

Certains dirigeants du parti ont attribué cet acte de vandalisme aux proches du maire de la commune de Yoff, Abdoulaye Diouf Sarr, qui est aussi un des responsables de l’Alliance pour la république (APR), le parti de Macky Sall.


>>>LIRE AUSSI: Vidéo. Sénégal: la situation pré-électorale est en train de dégénérer

«Prévenir légalement (et non par l’exhibition de gros bras) toutes dérives préjudiciable à la paix civile, en cette période électorale tendue, devrait être possible, d’autant que la loi n° 78-40 du 6 juillet 1978 interdit formellement l’exercice de toutes activités de police privée. Et soumet à autorisation préalable l’ouverture et l’exploitation de toute entreprise de surveillance, de gardiennage ou d’escorte de biens privés», ont aussi rappelé les camarades de Mame Mactar Gueye.  «La loi est faite pour être appliquée, et non pour servir de simple décor juridique !», ont-ils précisé.

La plupart de ces milices privées sont constituées de jeunes lutteurs, qui sont très mal payés, et dont certains hommes politiques exploitent l’innocence.

Le 27/01/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé