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Sénégal: l’Etat met fin à son partenariat avec les établissements privés d’enseignement supérieur

Mise à jour le 07/09/2019 à 16h16 Publié le 07/09/2019 à 16h14 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
Université africaine
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#Sénégal : L’Etat du Sénégal met fin à son partenariat avec les établissements privés d’enseignement supérieur qui accueillent une partie des bacheliers qui n'ont pas trouvé place dans le public. En cause, l’ardoise de 18 milliards de francs CFA que l'Etat peine à payer à ces établissements.

Le divorce est définitivement consommé entre l’Etat du Sénégal et la Fédération des établissements privés d’enseignement (Fepes). L'Etat a mis fin à son partenariat avec les établissement privés d'enseignement supérieur qui accueillent des bacheliers qui n'ont pas pu s'inscrire dans les établissements publics, faute de palces.

Cette décision intervient quelques jours après que le cadre unitaire des organisations privées d’enseignement supérieur du Sénégal (Cudopes) ait menacé de rompre son partenariat avec l’Etat si ce dernier ne paye pas les 18 milliards de francs CFA qu’il leur doit.

En effet, la réponse de la Fepes est vite tombée, dès l’annonce par le ministre de l’Enseignement supérieur de la décision du gouvernement de ne plus orienter les futurs bacheliers dans les établissements privés d’enseignement supérieur.


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A noter que les étudiants qui étaient orientés dans ces établissements privés étaient sous la charge de l’Etat.

Par la voix de son vice président, la Fepes estime «excellente», cette nouvelle annoncée par le ministre de tutelle et qu’elle n’a appris que par voie de presse. Abass Fall demande toutefois à Cheikh Oumar Hann de ne pas revenir sur cette décision.

«C’est excellent!», a dit le vice-président du Fepes qui semble pousser un Ouf de soulagement. «Nous trouvons cette mesure excellente. Nous avons toujours prié qu’ils arrêtent ces orientations, parce que cela a complètement détruit et déstructuré nos écoles», a-t’il ajouté.

Abass Fall ajoute: «Il y a des écoles qui ont arrêté depuis longtemps de prendre des étudiants, parce que cela n’a créé que des problèmes dans le privé. Moi, qui vous parle, cela fait deux ans que je ne prends plus d’étudiants et je ne suis pas le seul. Nous leur demandons juste de rester dans cette logique. Qu’ils ne reviennent pas après pour nous dire que l'université ne prend que ce qu’elle peut».


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Pour rappel, Cheikh Oumar Hann, ministre de l’Enseignement superieur avait annoncé la couleur, en mettant en doute, en août dernier, «la qualité de la formation donnée par les établissement privés d’enseignement supérieur».

Il est passé à l’acte, mardi 5 septembre, au cours d'une conférence de presse en annonçant que le gouvernement a décidé «d’orienter l’ensemble des nouveaux bacheliers 2019 dans les établissements publics de l’enseignement supérieur».

C’est clairement un moyen pour le gouvernement de réduire la facture consacrée à la formation des étudiants dans les établissements privés de l'enseignement supérieur. Une décision qui rentre dans le cadre de lapolitique de réduction des dépenses du gouvernement sénégalais qui peine à collecter des ressources pour boucler son budget.


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«Conformément à la décision du gouvernement d’orienter l’ensemble des nouveaux bacheliers 2019 dans les établissements publics de l’enseignement supérieur, à ce jour, sur les 57.130 nouveaux bacheliers, 52.221 ont déjà effectués leur inscription sur la plateforme Campusen», a révélé le ministre. Il a toutefois annoncé un ensemble de mesures pour permettre aux futurs bacheliers de poursuivre leurs études dans les établissements publics.

A ce titre, il a souligné que «pour permettre à nos université et établissement public de recevoir l’ensemble des nouveaux bacheliers, le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre dans les meilleurs délais les actions suivantes: terminer l’ensemble des infrastructures relatives au programme d’extension des universités, terminer la construction et l’équipement de 100 laboratoires scientifiques, terminer et réceptionner 7 Eno (espaces numériques ouverts)», a-t-il ajouté.

Le 07/09/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé