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«Les derniers jours de Muhammad» interdit de vente au Sénégal

Publié le 29/03/2016 à 12h39 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

#Société
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#Sénégal : Des ONG islamiques comme «Jamra» ou «Mban Gacce» avaient saisi le chef du gouvernement sénégalais pour réclamer l’interdiction de l’ouvrage de la tunisienne Hela Ouardi intitulé «Les derniers jours de Muhammad». Une requête à laquelle vient d’accéder le gouvernement sénégalais.

Pour le vice-président de l’ONG «Jamra», Mame Mactar Guèye, ce livre qui vient de paraître est "plus virulent» que ‘’Les versets sataniques’’ de Salman Rushdie.

Dans un communiqué transmis aux médias sénégalais, ce dernier informe avoir reçu, ce 27 mars, un coup de file du Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne pour lui assurer qu’il avait répercuté l’information au chef de l’Etat – présentement au Maroc – et que celui-ci lui a donné «des instructions fermes pour qu’il soit immédiatement mis un terme à la vente de ce livre provocateur, qui jette le discrédit sur l’icône de la religion musulmane, le Messager d’Allah, Muhammad (PSL)».

Pour «Jamra», les 368 pages de l’ouvrage en question qui se veulent «une prétendue» reconstitution des derniers instants de vie du prophète Muhammad «se révèlent être une énième provocation à l’actif des bras armées de l’islamophobie». Un projet auquel le gouvernement sénégalais vient de «mettre un terme». 

Toujours selon «Jamra», " le ministre sénégalais de la Culture a confirmé que l’ouvrage sera retiré sans délai des sites de ventes signalés par l’ONG à Dakar. Un arrêté ministériel portant interdiction de la vente de l’ouvrage sur toute l’étendue du territoire national sera publié dès aujourd’hui, mardi 29 mars 2016».

D’après la note de l’éditeur, Albin Michel, dans ce récit «au jour le jour» de la fin de vie du Prophète de l’islam, Hela Ouardi, universitaire tunisienne, explore et confronte les sources sunnites et shiites les plus anciennes, qui «révèlent un autre visage» du Prophète, celui d’un homme menacé de toutes parts, affaibli par les rivalités internes et par les ennemis nés de ses conquêtes.

La thèse que soutient l’auteure est que «tout est entrepris» pour qu’il (Muhammad) ne laisse aucune directive claire sur sa succession. Dès lors, aussitôt après sa disparition, «ses Compagnons s’engagent dans une lutte pour le pouvoir et son clan se déchire, ouvrant la voie à des guerres meurtrières qui ensanglantent encore notre monde aujourd’hui».

Le 29/03/2016 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo