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Le Sénégal justifie l’accueil des deux libyens de Guantanamo

Publié le 05/04/2016 à 14h25 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

#Société
Sidiki Kaba
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#Sénégal : Donnant suite à une demande des autorités américaines, le Sénégal a accepté d’accueillir sur son sol deux ex-détenus libyens de Guantanamo. Le ministre sénégalais de la Justice justifie la décision des autorités sénégalaises qui va au delà des raisons simplement humanitaires.

A l’instar de quelques autres pays africains, comme le Ghana, le Sénégal a accepté d’accueillir sur son sol deux ex-détenus de Guantanamo. Me Sidiki Kaba, le ministre sénégalais de la Justice, a mis en avant le caractère humanitaire pour expliquer la décision des autorités sénégalaises d’accueillir ces deux Libyens, âgés de 55 ans et 44 ans, emprisonnés depuis près de quatorze ans à la célèbre prison américaine, sans inculpation ni jugement.

«Le président Barack Obama a saisi le président Macky Sall pour l’aider à tenir sa promesse de fermer la prison de Guantanamo (en donnant l’asile à des détenus sur qui ne pèse aucune charge). Beaucoup de pays africains et européens ont accepté. Ce que le président Sall a, lui aussi, accepté pour des raisons humanitaires», a expliqué Me Kaba, ce lundi 4 avril, au cours du «Repas de corps» des agents de l’administration pénitentiaire, en marge de la célébration de la Fête nationale.

Endossant ses habits d’ancien défenseur des droits de l’homme –il a été président de la Fédération internationale des droits de l’homme : FIDH–, le Garde des Sceaux sénégalais explique que l’importance, pour l’Etat du Sénégal, est de faire en sorte que la prison de Guantanamo puisse être fermée parce qu’il y avait de graves violations des droits humains.

«Ce sont des détenus qui, en réalité, ont déjà été, je dirais, blanchis. Parce que vous savez, beaucoup de personnes avaient été arrêtées. Ces personnes n’ont pas été jugées. Elles n’ont pas été condamnées. Ce sont des personnes qui, en réalité, sont libres de toutes les charges. Et toutes les démocraties comme le Sénégal peuvent bien accepter par besoin humanitaire de les recevoir», a-t-il plaidé.

Cette décision des autorités sénégalaises a été saluée par l’administration Obama et les organismes de défense des droits de l’homme.

Selon Laura Pitter, conseillère sur la sécurité nationale des Etats-Unis de Human Rights Watch, la décision du Sénégal d’accueillir ces ex-détenus les aidera à «guérir le mal causé par quatorze ans de détention injuste». «Le Sénégal a fait un geste humanitaire important en offrant à ces hommes la chance de commencer une nouvelle vie», a-t-elle déclaré. Pour Human Rights Watch, à travers ce geste, le gouvernement sénégalais a fait preuve de «compassion» et a montré son attachement aux droits humains.

Le candidat Obama avait promis de fermer Guantanamo, mais dès son accession à la Maison Blanche, il s’est heurté à l’opposition républicaine et à des obstacles juridiques. Il y avait près de 600 détenus à Guantanamo en 2009. A l’heure actuelle, il n’en reste que quelque dizaine sur qui, il  faut le rappeler, ne pèse aucune charge, que l’administration américaine cherche à transférer chez  ses alliés.

Le 05/04/2016 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

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