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La révolte des Lébous contre le «bradage» du foncier autour de l’aéroport de Dakar

Publié le 28/04/2016 à 17h31 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

#Société
jeunes lébous
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#Sénégal : Depuis trois jours, les jeunes des quartiers traditionnels lébous de Yoff, Ngor et Ouakam multiplient les manifestations. Les raisons de leur colère ? Le «bradage» du foncier autour de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Dakar.

La colère gronde dans les quartiers lébous situés aux alentours de l’aéroport de Dakar. En effet, depuis le début de la semaine, des jeunes issus de ces quartiers multiplient les mouvements de protestation pour dénoncer le «bradage» des terres de leurs ancêtres.

C’est l’attribution d’un périmètre de 4,5 hectares, situé aux alentours de l’aéroport Léopold Sédar Senghor (LSS)  à des «hauts placés», qui a déclenchée leur colère.

Selon le quotidien dakarois «Le Quotidien», ce périmètre (immatriculé sous le titre foncier TF 4407), désaffecté par un décret, devrait servir de lotissement administratif partiel, en vue du recasement des parcelles impactées par les servitudes aéronautiques dans les zones industrielles et commerciales de LSS.

A l’arrivée, ce sont "des hauts fonctionnaires, des ministres et des privés» qui se sont partagé l’espace", soutient le journal. Ce que les populations n’entendent pas laisser faire.

«Cette manifestation des jeunes est un mouvement spontané qui n’exclut pas une réaction prochaine de toutes les populations de Yoff, de Ngor et de Ouakam, si les autorités ne réagissent pas à temps», avertit Mame Birame Mbengue, coordonnateur du collectif des jeunes de «Taanka» qui lutte pour la préservation du foncier des Lébous, les habitants traditionnels de Dakar.

«Nous n’allons pas nous laisser faire», renchérit le Jaraaf Youssou Ndoye, l’un des guides coutumiers de cette communauté. Avant d’enchaîner: «l’Etat du Sénégal avait fait une réquisition de ces terres à nos ancêtres. Ce qui est parfaitement dans ses prérogatives ; même s’il a besoin de nos pirogues, il peut les prendre et nous payer le franc symbolique. Mais cinq ans après, il doit les restituer aux ayants droit, s’il n’en a plus besoin. Pourquoi remettre ça à autrui au lieu du propriétaire?»

Dans la ligne de mire du chef coutumier, l’homme d’affaires Mbackiyou Faye, un proche de l’ancien président Abdoulaye Wade, qui avait acquis beaucoup de terres dans la zone.

Le 28/04/2016 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

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