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Sénégal: l’Ambassade du Soudan à Dakar accusée d'abus par ses employés

Mise à jour le 26/09/2018 à 10h10 Publié le 26/09/2018 à 10h08 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Société
Patriques esclavagistes

Patriques esclavagistes

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#Sénégal : La chancellerie soudanaise à Dakar aurait humilié et licencié, sans leur accorder leurs droits, huit de ses employés d’origine sénégalaise. En colère, ces derniers affirment qu'ils ont été traités en esclaves par les diplomates.


L’esclavagisme moderne serait pratiqué à l’ambassade de la République du Soudan à Dakar. C’est du moins ce que révèle l’As quotidien qui cite certains employés de nationalité sénégalaise qui ont été récemment licenciés de cette chancellerie.

«L’ambassadeur nous a licenciés sans explications plausibles, ni lettre de licenciement», dénonce G. Ndiaye, ménagère sénégalaise employée pendant plus d’une année dans la résidence de l’ambassadeur. Selon elle, l’ambassadeur, Aouissouf Adil Bannaga utilise des mots très violents pour s’adresser à ses employés. «Si je vous renvoie, je n’aurai aucun mal à trouver d’autres personnes qui seraient prêtes à travailler pour moi», disait-il très souvent, selon ses ex-employés. 


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Ce licenciement sonne comme une libération pour G. Ndiaye . Elle a toutefois tenu à alerter l’opinion et les  personnes qui seraient tentées de trouver un emploi dans cette résidence diplomatique. «Nous voulons aussi que tous les Sénégalais sachent que les conditions de travail à l’ambassade sont pires que l’esclavage. On travaille de 8h à 22h sans pause. En plus on n’a ni jour de congé ni de repos», révèle-t-elle.

Les propos de cette jeune dame sont confirmés, selon l’As quotidien, par «un traducteur en service depuis des années dans cette chancellerie». «Les conditions de travail à l’ambassade, dit ce dernier, ne sont pas dignes d’un être humain. Nous sommes en train de subir l’esclavage dans notre propre pays. Et même si nous ne travaillons plus là-bas, nous voulons alerter les Sénégalais sur cette situation scandaleuse». «Nous n’avons ni CDI ni CDD. Et pour nous payer nos salaires, ils nous entassent dans une chambre comme si nous sommes en train de quémander», a-t-il dénoncé.
 

Le 26/09/2018 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé